L’avenir de LCH.Clearnet s’obscurcit
Le projet de fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Börse prévoit 300 millions d’euros de synergies de coût issues, entre autres, des opérations de compensation. Dès lors, l’avenir de LCH.Clearnet s’obscurcit davantage. Détenue à hauteur de 83% par les utilisateurs et 17% par les Bourses (dont 9% par Nyse Euronext), la chambre de compensation pourrait voir son activité menacée si les deux opérateurs boursiers optaient pour l’infrastructure post-marché en silo de Deustche Börse, composée d’Eurex Clearing côté compensation, et de Clearstream coté règlement-livraison.
En cas de succès de l’opération avant la fin 2011, LCH.Clearnet pourrait voir sa relation commerciale avec Nyse Euronext s’achever plus tôt que prévu. L’opérateur boursier a annoncé mi-2010 vouloir y mettre un terme en 2012 pour créer sa propre chambre de compensation européenne. «Le post-marché est l’un des vrais enjeux de l’accord. Clearstream va doubler ses flux. Les Allemands n’ont jamais dérogé au modèle en silo, malgré les pressions de Bruxelles, reconnaît le dirigeant d’un courtier actions. L’accord avec Deutsche Börse explique aussi rétrospectivement les réticences d’Euronext à discuter avec LCH.Clearnet malgré le souhait de la Place».
Pour Thierry Grunspan, analyste crédit chez S&P, «la fusion entre Deutsche Börse et Nyse Euronext pourrait être potentiellement négative pour le groupe LCH.Clearnet à moyen terme. L’ensemble TMX-LSE a les moyens de développer sa propre activité de compensation via Borsa Italiana, et TMX et Eurex risquent de prendre le relais de LCH.Clearnet». Ce dernier a comme gros clients le LSE et Nyse Euronext, sur le cash, et Nyse Liffe, sur les dérivés. D’après Thierry Grunspan, l’activité avec Nyse Euronext représente nettement moins de la moitié de ses revenus, mais un tel scénario serait quand même un coup dur pour la chambre.
Mais les effets négatifs d’une telle fusion pourraient être partiellement amortis par la montée en puissance des activités de LCH.Clearnet sur le marché gré à gré des CDS, du change, et des swaps de taux d’interêt, sur lesquelles Deutsche Börse n’est pas un acteur important.
Pour autant, il reste beaucoup de zones d’ombre, notamment sur les concessions que les autorités de la concurrence pourraient demander: le futur ensemble détiendrait 80 à 90% de part de marché de la compensation en Europe des dérivés actions via Liffe et Eurex.
Plus d'articles du même thème
-
Le spécialiste chinois de l’IA DeepSeek devrait lever 10 milliards d’euros
L’opération pourrait valoriser la start-up plus de 65 milliards d’euros en amont d’une introduction en Bourse attendue en 2027. Les géants chinois CATL et Tencent participeraient à la levée de fonds. -
Claude prend racine sur l’écran des dirigeants financiers
Le baromètre Spendesk des outils technologiques met en avant le souhait de rationaliser la palette utilisée. -
Meridiam boucle un fonds de continuation de 4,5 milliards d'euros
La société française de gestion d’infrastructures prolonge de 25 à 45 ans la durée de vie du fonds Mina II et crée un nouveau véhicule composé de 15 actifs situés en Amérique du Nord, avec des infrastructures à New York, Miami et Los Angeles.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
L'air du largePourquoi le vote démocratique traverse une crise de confiance historique
L'élection, moment fort de la vie démocratique, est devenue une fenêtre de vulnérabilité. Pour le grand public, elle est aussi devenu le révélateur de ses faiblesses -
Follow the money« On part là où nous avons de meilleures chances » : ces mouvements financiers qui trahissent l'inquiétude des républicains avant les midterms
A moins d'un mois des midterms, les républicains s'inquiètent de leur retard dans les sondages. Ils se retrouvent forcés d'augmenter leurs dépenses dans des Etats où Donald Trump s'était imposé largement, et de laisser le champ libre aux démocrates dans des Etats clés -
Présidentielle 2027 : les conditions du soutien de Gérard Larcher à Bruno Retailleau
Invité de BFMTV, le patron du Sénat a laissé entendre qu'il conditionnerait son appui au candidat LR à ses chances d'accéder au second tour, qui devraient se préciser à partir du mois de janvier