L’AMF inflige une sanction record de 16 millions d’euros au fonds Elliott
L’Autorité des marchés financiers a infligé une sanction record de 16 millions d’euros au fonds Elliott pour un manquement d’initié réalisé sur le titre APRR en 2010. Le fonds fondé par Paul Singer a d’ores et déjà prévu de faire appel estimant que la décision de la Commission des sanctions rendue publique hier «n’est soutenue par aucune preuve».
L’affaire remonte à 2010. Le consortium Eiffarie, formé par le groupe Eiffage et l’australien Macquarie, détient alors 81,48% du capital des Autoroutes Paris Rhin Rhône, privatisées quatre ans plutôt. Eiffage cherche à passer les 95% du capital pour intégrer fiscalement APRR et le retirer de la cote. Dans l’idée de les céder à Eiffarie à bon prix, le fonds Elliott avait acheté dès 2006 des actions APRR. A la mi-juin 2010, et après des tentatives infructueuses, Elliott convainc Eiffage d’acheter sa participation.
La Commission des sanctions reproche à la branche britannique du fonds, Elliott Advisors UK, d’avoir informé au printemps 2010 ses partenaires américains d’Elliott Management Corporation de négociations avancées pour céder la participation du fonds dans APRR à Eiffarie. Elle reproche à Elliott Management de ne s’être pas abstenu d’investir en dépit de cette information et d’avoir ainsi acquis à bon compte des titres APRR. Estimant que les manquements ont été réalisés par des professionnels de la finance et «constituent une atteinte grave à l’intégrité du marché», la Commission demande à Elliott Advisors et Elliott Management de payer chacun 8 millions d’euros.
Début avril, le représentant du Collège avait demandé une sanction de 40 millions d’euros au total. La Commission des sanctions souligne que le manquement d’initié a permis de réaliser une plus-value de 2,8 millions d’euros mais que celle-ci s’est faite au bénéfice des fonds d’Elliott. Elle n’a donc pas retenu un multiple de cette plus-value pour déterminer la sanction. Elle a choisi de ne pas retenir le manquement d’utilisation d’information privilégiée reproché à Elliott Advisors car l’entité a seulement exécuté les instructions données par Elliott Management. Enfin, elle a estimé qu’il n’y avait pas eu de manipulation de cours.
Elliott a réaffirmé hier que l’acquisition de titres APRR s’inscrivait dans une stratégie de long terme et n’avait pas été motivée par une information privilégiée. Le fonds souligne qu’«aucun des coûts associés à cette affaire ne sera imputé aux fonds d’Elliott».
Plus d'articles du même thème
-
Dassault Systèmes place pour un milliard d'euros d'obligations
L'éditeur de logiciels a également annoncé le refinancement de sa ligne de crédit renouvelable, pour un montant total de 750 millions d'euros, arrivant à échéance en octobre 2026. -
Les banques françaises et étrangères ont fort appétit en termes de financement
Pour se financer, les entreprises doivent profiter de l'importante liquidité des banques françaises et étrangères tout autant que du marché obligataire jugé très "attractif", par le cabinet de financement Redbridge dans son point sur les tendances des marchés de dette corporate. -
L'euro face au paradoxe des taux
Comme chaque semaine, retrouvez l'analyse de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Après l’accord Iran-Etats-Unis, les cours du pétrole décrochent et les Bourses asiatiques s’envolent
Les cours du pétrole ont fortement reculé, lundi 15 juin, après l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Les marchés asiatiques ont, eux, bondi dans la foulée -
En mode incognito
Les adeptes du quiet luxury aspirent à la discrétion sans jamais renoncer à un certain style. S’ils fuient les logos criards, ils privilégient les matières d’exception et les tons neutres pour se fondre dans le décor de pied en cap. -
Réforme constitutionnelle« Ça va se jouer à très peu de voix » : les députés face au vertige de l'autonomie de la Corse
Le projet de loi constitutionnelle dotant la Corse d’un statut d’autonomie sera débattu, cette semaine, à l'Assemblée nationale. Le texte oppose deux visions irréconciliables de l'avenir de l'île.