L’Allemagne a le feu vert pour s’endetter face à la crise
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Photo Analogicus/Pixabay
Les députés allemands ont avalisé mercredi la suspension inédite des dispositions constitutionnelles limitant l’endettement, pour permettre au gouvernement d’amortir le choc économique dû à l'épidémie de coronavirus. Le ministre des Finances les avait auparavant priés d’approuver la loi de finances rectificativequi prévoit 156 milliards d’euros de dépenses supplémentaires financées par une augmentation des emprunts sur les marchés.
«C’est une somme considérable, près de la moitié de notre budget annuel habituel», a déclaré Olaf Scholz. «Et puisque ce montant est si élevé, le Bundestag doit décider s’il accepte de dispenser le gouvernement du respect de la règle d’endettement que prévoit la Constitution dans les cas d’urgence exceptionnelle», a poursuivi le ministre des Finances.
Le budget total des mesures avoisine les 1.100 milliards d’euros. D’un montant total de 750 milliards d’euros, le plan de relance gouvernemental prévoit notamment une rallonge budgétaire de 156 milliards d’euros et l’octroi de 100 milliards d’euros à un fonds de stabilité qui pourra prendre des participations directes dans des entreprises.
Dans un entretien accordé au quotidien financier Handelsblatt, la ministre de la Justice, Christine Lambrecht, a justifié cette dernière hypothèse par le risque de voir des entreprises allemandes dépecées ou vendues.
Une enveloppe de 100 milliards d’euros sera en outre accordée à la banque publique de développement KfW pour financer des prêts à des sociétés en difficulté, et la KfW sera autorisée à emprunter elle-même jusqu'à 200 milliards.
L'économiste de l’Ifo Klaus Wohlrabe a estimé entre 5% et 20% la contraction du PIB allemand cette année selon la durée des mesures de confinement prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus.
L’inflation a légèrement augmenté en zone euro en juillet, moins rapidement que dans l’Hexagone. Dans les deux cas, la hausse des prix est notable dans les services - en parallèle du rebond des prix dans l’énergie - ce qui devrait renforcer les arguments en faveur d’une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre.
La croissance des moteurs que sont l’investissement et la consommation reste soutenue. Sans relancer l’inflation sous-jacente en juin, au vu des indices liés aux dépenses PCE également publiés jeudi. De quoi faire patienter les marchés et envisager un nouveau statu quo de la Fed en septembre.
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