La Société Générale rassure quant à ses perspectives de solvabilité
Investisseurs et analystes se plaignaient de l’absence d’information des banques françaises quant à l’impact des nouvelles règles prudentielles, que ce soit la directive CRD 3 (issue du corpus de mesures Bâle 2) ou Bâle 3. La direction de la Société Générale semble les avoir écoutés.
A l’aune des résultats du troisième trimestre, la banque affiche sa sérénité quant aux échéances réglementaires. «Nos comptes confirment la solidité de notre structure financière et notre capacité à respecter les futures exigences sans recourir à une augmentation de capital à l’horizon 2013», affirme Frédéric Oudéa, son directeur général.
Au 30 septembre 2010, le ratio de fonds propres purs «core tier one» de la Société Générale ressortait à 8,4%, contre 8,5% au 30 juin – un recul qui tient compte d’un impact de 23 points de base (0,23 point de pourcentage) provenant de la consolidation de la Société Marseillaise de Crédit.
En suivant le plan de marche de son projet Ambition 2015, la banque s’estime en mesure d’atteindre un ratio de 10,2% au 31 décembre 2012 hors impact réglementaire. Tout en conservant un taux de distribution de dividende de 35%, l’établissement pourrait générer 300 pb de capital – la croissance concomitante de ses encours pondérés du risque de 4% par an venant amputer son ratio de 120 pb.
Les effets de la CRD III et de Bâle 3 (applicables au 1er janvier 2013) sur les fonds propres purs de la Société Générale sont respectivement estimés à 105 et 205 pb. «Nous disposons en outre de leviers d’action qui nous permettront d’augmenter notre core tier one de 40 pb, notamment à travers les arbitrages d’actifs, l’optimisation des encours pondérés des activités de marché et la réduction des actifs gérés en extinction», ajoute Didier Valet, directeur financier du groupe. La banque anticipe en définitive un ratio de 7,5% au 1er janvier 2013 et de 8,5% au 31 décembre (pour un minimum fixé à 7% sous Bâle 3), et cela sans tenir compte des possibilités d’étalement des déductions en capital.
«Cette orientation est importante, car elle souligne que SG serait conforme avec la nouvelle réglementation bien avant que celle-ci ne devienne obligatoire. Il reste à savoir si le marché acceptera un ratio de 7,5% alors que les banques suisses et britanniques visent les 10%», estiment les analystes de Credit Suisse. Visiblement oui: le titre s’est adjugé jusqu’ 4,8% en séance.
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