La Société Générale crédibilise son programme de cessions

En cédant TCW, le groupe calme l’impatience du marché. Mais la partie s’annonce plus rude pour les activités opérationnelles en euros
Antoine Landrot

En vendant TCW à l’investisseur Carlyle ainsi qu’aux salariés de la société de gestion alternative californienne, la Société Générale envoie un signal positif. En elle-même, l’opération n’est pas une surprise. Les rumeurs étaient récurrentes et la banque avait déjà déclaré étudier des cessions d’activités non stratégiques afin de simplifier son organisation. Or, «le pôle Investment Solutions [auquel appartient le gérant américain] ne fait pas partie des trois pôles prioritaires de la Société Générale», rappelle dans une note Pascal Decque, analyste chez Cheuvreux. Le prix obtenu n’est pas non plus déterminant: probablement proche de la survaleur résiduelle de TCW à son bilan au 30 juin, c’est-à-dire 482 millions d’euros, moins une légère dépréciation supplémentaire post-cession –alors que le groupe l’avait acquis 880 millions de dollars en 2001.

Mais cette opération est la preuve que la Société Générale parvient à dépasser les simples cessions d’actifs financiers (créances, obligations, etc.) sur les marchés pour réduire son bilan et renforcer sa solvabilité. «La vente de TCW montre que la direction est capable de tenir ses engagements: nous avons attendu longtemps que le groupe prouve son engagement en la matière par une opération», écrit Pascal Decque.

La banque a fixé un objectif de ratio de fonds propres purs core equity tier one (sous Bâle 3) compris entre 9,1 et 9,5% fin 2013 sans augmentation de capital, uniquement en cédant des actifs financiers. Tout gain provenant de la vente d’activités opérationnelles crédibilise d’autant l’atteinte de cet objectif. La vente de TCW lui permettra par exemple de renforcer son ratio de 13 points de base (pb). La Société Générale a d’ailleurs déclaré par le passé que les cessions d’activités pourraient lui apporter au total entre 50 et 100 pb de ratio.

Mais la suite pourrait s’avérer plus difficile. «TCW était facilement cessible car c’est un actif libellé en dollars; les acquéreurs existent pour ce type de cible. Ce qui changerait vraiment la donne pour la Société Générale serait de céder des actifs en euros, où les acheteurs sont peu nombreux, comme la conservation de titres, le crédit à la consommation en Italie, voire l’assurance», tempère Alex Koagne, analyste chez Natixis, qui juge néanmoins positivement la vente de TCW. En outre, la Société Générale possède un intérêt de 25% dans le gérant Amundi, contrôlé à 75% par le Crédit Agricole. L’action a clos vendredi en hausse de 1,03% à 20,07 euros.

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