La Société Générale crédibilise son programme de cessions
En vendant TCW à l’investisseur Carlyle ainsi qu’aux salariés de la société de gestion alternative californienne, la Société Générale envoie un signal positif. En elle-même, l’opération n’est pas une surprise. Les rumeurs étaient récurrentes et la banque avait déjà déclaré étudier des cessions d’activités non stratégiques afin de simplifier son organisation. Or, «le pôle Investment Solutions [auquel appartient le gérant américain] ne fait pas partie des trois pôles prioritaires de la Société Générale», rappelle dans une note Pascal Decque, analyste chez Cheuvreux. Le prix obtenu n’est pas non plus déterminant: probablement proche de la survaleur résiduelle de TCW à son bilan au 30 juin, c’est-à-dire 482 millions d’euros, moins une légère dépréciation supplémentaire post-cession –alors que le groupe l’avait acquis 880 millions de dollars en 2001.
Mais cette opération est la preuve que la Société Générale parvient à dépasser les simples cessions d’actifs financiers (créances, obligations, etc.) sur les marchés pour réduire son bilan et renforcer sa solvabilité. «La vente de TCW montre que la direction est capable de tenir ses engagements: nous avons attendu longtemps que le groupe prouve son engagement en la matière par une opération», écrit Pascal Decque.
La banque a fixé un objectif de ratio de fonds propres purs core equity tier one (sous Bâle 3) compris entre 9,1 et 9,5% fin 2013 sans augmentation de capital, uniquement en cédant des actifs financiers. Tout gain provenant de la vente d’activités opérationnelles crédibilise d’autant l’atteinte de cet objectif. La vente de TCW lui permettra par exemple de renforcer son ratio de 13 points de base (pb). La Société Générale a d’ailleurs déclaré par le passé que les cessions d’activités pourraient lui apporter au total entre 50 et 100 pb de ratio.
Mais la suite pourrait s’avérer plus difficile. «TCW était facilement cessible car c’est un actif libellé en dollars; les acquéreurs existent pour ce type de cible. Ce qui changerait vraiment la donne pour la Société Générale serait de céder des actifs en euros, où les acheteurs sont peu nombreux, comme la conservation de titres, le crédit à la consommation en Italie, voire l’assurance», tempère Alex Koagne, analyste chez Natixis, qui juge néanmoins positivement la vente de TCW. En outre, la Société Générale possède un intérêt de 25% dans le gérant Amundi, contrôlé à 75% par le Crédit Agricole. L’action a clos vendredi en hausse de 1,03% à 20,07 euros.
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh propose une Fed «moins communicante»
Les acteurs du secteur financier peuvent y voir une évolution potentiellement positive si cela permet de réagir plus vite et mieux aux données. On peut cependant encore douter que le banquier central nommé par le président Donald Trump soit celui qui cherche ainsi à dépolitiser la Fed. -
Le M&A s'alimente de nouveau au gros gibier
En dépit de moindres volumes, la valeur des opérations de fusions & acquisitions a rebondi durant ce premier semestre 2026, un début d'année marqué par des transactions de grande envergure. L'intérêt des investisseurs se concentre notamment sur les secteurs des télécommunications, de l'énergie, des infrastructures et de l'intelligence artificielle, relèvent les banques d'investissement. -
CRH change de braquet aux Etats-Unis
L’acquisition d’Arcosa en numéraire pour 8,5 milliards de dollars, dette incluse, renforcera la position du groupe irlandais de matériaux de construction dans les infrastructures et l’énergie.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
AdaptationClimatisation : la grande bascule des politiques
Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique n’existe plus. Il se déplace sur l’adaptation. En se cristallisant sur la seule question de la clim, devenue très politique -
Commerce internationalLe commerce maritime international en mode agile
De la mer Rouge au détroit d'Ormuz, les crises géopolitiques rebattent les cartes du transport maritime. Armateurs, assureurs et transitaires s'organisent désormais pour naviguer dans un monde où l'incertitude est devenue la norme. A l'occasion du Rendez-vous ParisMAT qui se tient aujourd'hui et demain à Paris, petit tour d'horizon de ce nouveau quotidien -
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027