La relative confiance des dirigeants devrait soutenir le marché du M&A
Selon le dernier baromètre établi par EY, les corporates donnent majoritairement la priorité à la croissance sur les douze prochains mois
Publié le
Antoine Duroyon
Le marché mondial des fusions-acquisitions se prépare à repartir. C’est le constat tiré du dernier baromètre établi par EY (ex-Ernst & Young) auprès de 1.600 dirigeants d’entreprises dans 50 pays. Près de 70% d’entre eux tablent sur une augmentation des volumes au cours des douze prochains mois. A titre personnel, 35% des sondés envisagent des acquisitions contre 25% il y a un an.
Les opérations devraient donc être plus nombreuses mais aussi de taille plus conséquente. La proportion des dirigeants désireux de réaliser des transactions comprises entre 501 millions et 1 milliard de dollars a plus que doublé en six mois, se hissant dans cette dernière enquête à 19%. Signe d’un reflux de l’aversion pour le risque, les répondants sont disposés à recourir au levier ; près d’un dirigeant sur deux (53% exactement) envisage d’utiliser un mélange de dette et d’equity pour financer leur croissance externe. Ils étaient 46% à donner la même réponse en avril dernier. «Au niveau mondial, les entreprises ne rencontrent pas aujourd’hui de problème de trésorerie ou de recherche de capitaux», note Daniel Benquis, partner chez EY.
Les marchés matures, et notamment les Etats-Unis en voie de reprise, sont ciblés en priorité, mais dans le même temps, 47% des dirigeants indiquent avoir accentué leur focus d’investissement sur les marchés émergents au cours des douze derniers mois. Leur approche de ce type de marché apparaît toutefois plus rigoureuse que dans le passé. Pêle-mêle, les grands vainqueurs pourraient être le Canada, les Etats-Unis, la Chine, le Brésil et l’Inde. D’un point de vue sectoriel, sont cités les sciences de la vie, le pétrole-gaz, l’automobile, les produits de consommation et le secteur high-tech.
Quels sont les facteurs qui expliquent ce retour en piste du M&A ? Le baromètre, qui a été finalisé à la fin de l’été, c’est-à-dire avant l’épisode du «shutdown» américain évoque tout d’abord un contexte macroéconomique vu comme plus favorable bien que toujours fragile et sous la menace d’une instabilité politique persistante. 65% des participants s’attendent à ce que l’économie mondiale s’améliore contre 22% il y a un an.
Dans ces conditions, la croissance fait figure de priorité sur les douze prochains mois pour 58% des sondés. «Il est intéressant de noter que dans notre enquête les dirigeants français arrivent en deuxième position, derrière les chinois, pour leur appréciation positive de l’économie mondiale», relève Daniel Benquis.
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