La Place veut encadrer l’accès aux émetteurs vendu par les courtiers
La Place de Paris tente d’y voir plus clair dans les commissions de courtage. Alors que le régulateur britannique planche sur la facturation par les courtiers de la mise en relation des gérants avec les émetteurs (corporate access), la Société française des analystes financiers (Sfaf) cherche à concilier les points de vue des acteurs français sur le sujet pour rédiger un guide de bonnes pratiques.
La Sfaf espère que ses travaux entamés il y a environ un an, lorsque ce débat a été lancé en Grande-Bretagne, déboucheront avant l’été. «L’idée est de préempter le sujet dans un bon sens pratique afin de voir un jour arriver un texte qui n’entrave pas les bonnes conditions d’exercice du métier», explique le vice-président de l’association, Pierre-Yves Gauthier. L’Autorité des marchés financiers ne s’est pas encore frontalement attaquée au sujet, au contraire de la Financial Conduct Authority britannique.
Celle-ci souhaite empêcher que l’organisation par un courtier de rendez-vous entre les dirigeants d’une entreprise et des gérants soit facturée in fine aux clients de ces derniers, via les commissions de courtage et sous couvert de la fourniture de services de recherche. La FCA ne condamne pas le «corporate access» mais estime que c’est aux gérants de le payer. Les commissions de courtage peuvent seulement servir à rémunérer les services de pure recherche et d’exécution. Après avoir consulté la City, la FCA doit publier de nouvelles règles au deuxième trimestre.
Alors que beaucoup d’acteurs français risquent d’être confrontés aux changements d’approche outre-Manche, la Sfaf tente de trouver une définition consensuelle de l’accès aux émetteurs. Cela ne va pas sans peine étant donné le nombre de formes qu’il peut prendre. «A ce stade, nous pensons qu’il faudra exclure du corporate access toute réunion organisée par un broker pour plusieurs de ses clients institutionnels», explique Pierre-Yves Gauthier. Dans ce cas, il y a «bien un acte de recherche et non pas une information personnalisée ».
Au-delà, la Sfaf réfléchit à la façon de traiter la question des informations non publiques qui peuvent être données à l’occasion de ces rendez-vous entre investisseurs et émetteurs. Une position commune est d’autant plus délicate à trouver que les intérêts peuvent diverger sensiblement entre un fournisseur de recherche indépendant ou une banque, ou entre un petit gestionnaire d’actifs et un gros gérant institutionnel.
Plus d'articles du même thème
-
L'activité manufacturière reste bien orientée en zone euro, en Allemagne et en France
Les indices PMI pour le mois de septembre ont été légèrement revus en hausse et dépassent le seuil de 50. -
Antin cède Vicinity Energy pour une valorisation de 2,6 milliards d’euros
La cession de l'opérateur américain de réseaux énergétiques urbains permet au fonds français de réaliser un multiple de 2,3 et un multiple d’Ebitda proche de 21. -
Murano représente 10 milliards d'euros d'encours
Un an après son lancement, la structure issue du rassemblement des activités B2B de Crystal et de Primonial veut accélérer sur l'élargissement de son offre, notamment dans le non coté tout en musclant sa force de vente en région.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
L’art et la matière, dans les coulisses de l'atelier de glyptique de Cartier
L’atelier de glyptique dont dispose Cartier en interne participe à faire dialoguer exception minérale et intelligence manuelle. Alexa Abitbol, directrice des ateliers de haute joaillerie de la Maison, nous en livre quelques secrets. -
JoaillerieAu cœur des pierres
Cartier est l’un des rares joailliers à détenir son propre atelier de glyptique, où s'exerce un savoir-faire unique de gravure sur pierres et fossiles. -
A coups de vodkaJohn Coale, le négociateur de Donald Trump qui veut tendre la main à Moscou
Nommé envoyé spécial pour les affaires d'otages, l'ancien avocat a fait libérer près de 500 prisonniers de Biélorussie, en tissant des liens personnels avec Alexandre Loukachenko. Il rêve désormais de réitérer l'exploit avec Vladimir Poutine