La Fed met désormais l’accent sur la gestion de son bilan
La gestion de bilan est amenée à prendre un rôle central dans la politique monétaire de la Fed. Face à la montée de la probabilité d’un statu quo prolongé dans le cycle de hausse des taux Fed funds, les minutes de la dernière réunion du FOMC ont mis un accent particulier et inhabituel sur les différents enjeux du processus de réduction de la taille du portefeuille de titres (SOMA) détenu par la Réserve fédérale. La possibilité de freiner le rythme de réduction de son bilan, s’il venait à peser trop fortement sur les conditions financières, qui a été évoquée vendredi dernier par Jerome Powell, n’a pas été débattue au sein du FOMC, en décembre. Les membres se sont néanmoins accordés sur la nécessité de mieux expliquer son évolution au cours des prochains mois, afin d’éviter des tensions de marchés.
Maturité moyenne très courte pour plus de flexibilité
La chute des réserves, de 2.700 à 1.510 milliards de dollars depuis 2014, plus forte que celle du bilan, risque de créer des tensions faisant sortir les taux courts de la fourchette cible des Fed funds. Pour y faire face, plusieurs options sont envisagées. Outre l’ajustement technique du taux IOER des réserves excédentaires, la Fed pourrait mettre en place des opérations d’open market, freiner la réduction des réserves, ou mettre fin aux réinvestissements de portefeuille à un niveau de réserves relativement élevé. Concernant la composition du SOMA, certains membres estiment qu’une maturité moyenne de titres très courte, facilitée par la flambée des émissions de T-bills pour financer le déficit américain, offrirait une plus grande flexibilité, pour rallonger la maturité en cas de crise économique.
Si la Fed ne réinvestit depuis plus d’un an que partiellement les Treasuries et MBS arrivant à maturité, ce rythme a accéléré à 50 milliards de dollars par mois depuis octobre 2018. Le bilan sera ainsi réduit de 600 milliards cette année, et les émissions de Treasuries progresseront de 20%, à 1.300 milliards. «La flambée des émissions et la réduction de la demande de la Fed de titres longs, impliquent que les investisseurs devront acheter une part plus forte de Treasuries, avec un moindre soutien de la Fed, ce qui crée un risque significatif de resserrement des conditions financières, sans un changement de cap de la Fed», alerte Natixis. Or, Bloomberg estime que les titres émis par le Trésor l’année dernière ont réuni un ratio moyen de demande des investisseurs en chute à 2,6 fois, le plus bas niveau annuel depuis 2008.
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