La CDC pose ses jalons dans le dossier Banque publique d’investissement
La future Banque publique d’investissement (BPI) provoque déjà un lobbying intense. En attendant les conclusions fin juillet de la «mission de préfiguration» que Bercy a lancée, les différents acteurs concernés par le projet de François Hollande – Caisse des dépôts, Oséo, FSI – se positionnent pour prendre la main sur l’organigramme. La CDC, en particulier, fait circuler une présentation à destination des parlementaires, dont L’Agefi a pris connaissance.
La conclusion ne surprendra guère: l’institution de la rue de Lille se juge la mieux placée pour diriger la BPI. Organigramme à l’appui, elle se verrait bien coactionnaire avec l’Etat du holding qui coiffera la Banque publique, ce qui aurait les mérites d’une «gouvernance simple» et permettrait de «redonner à l’Etat son rôle de stratège et d’affectation des moyens». Dans le métier de l’investissement en fonds propres, la Caisse des dépôts préconise que la BPI fonctionne par programmes délégués à des équipes de gestion.
Ces dernières seraient regroupées dans une société, BPI Capital Gestion, directement contrôlée par la CDC, et qui exercerait de la gestion sous mandat pour le compte de la Banque publique. Quatre équipes spécialisées seraient constituées: fonds de fonds, investissement direct dans les PME, dans les ETI, et dans les régions.
Dans le schéma proposé, le Fonds stratégique d’investissement, filiale à 51% de la CDC, brille par son absence. Rien n’est dit non plus sur le sort des grandes participations industrielles qu’il porte. Le bilan dressé par la Caisse de la situation actuelle apparaît d’ailleurs assez critique vis-à-vis du FSI, dont Nicolas Sarkozy avait imposé la création. Le Fonds cumule plusieurs rôles, et la politique de financement des PME se décide dans son conseil d’administration, une gouvernance que la CDC juge «inadaptée à une politique industrielle».
Plus largement, la note pointe du doigt «une sédimentation d’activités sans priorités claires» et «des objectifs contradictoires».
Enfin, la Caisse se livre à quelques comparaisons à son avantage: avec un effectif de 100 personnes, CDC Entreprises a financé 835 PME en 2011 pour 1,24 milliard d’euros en jouant sur un effet de levier de six fois les capitaux décaissés. Le FSI (60 personnes) a engagé 1,15 milliard dans une vingtaine d’entreprises.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter