La Bourse des dérivés allemande élargit son offre sur la dette française
La Bourse des dérivés allemande, Eurex, va lancer un nouveau contrat à terme sur la dette française le 11 mars prochain. La mise sur les rails d’un premier «future» sur OAT (obligations assimilables du Trésor) en avril dernier, en pleine campagne présidentielle avait déclenché les critiques de beaucoup de politiques qui y voyaient un outil de «spéculation». Aucun des effets tant redoutés ne s’est pourtant concrétisé.
Le nouveau contrat de la filiale de Deutsche Börse est basé sur des titres de maturité résiduelle de 4,50 à 5,50 ans contre 8,5 et 10,5 ans pour l’Euro-OAT Future inauguré au printemps 2012. Comme ce dernier, le Mid-Term Euro-OAT Future aura une valeur de 100.000 euros et un coupon notionnel de 6%. Banca IMI, Morgan Stanley et Natixis joueront, entre autres, le rôle de teneurs de marché.
Ce nouveau produit va «créer de nouvelles opportunités pour se couvrir et pour jouer sur les spreads» a expliqué Peter Reitz, représentant d’Eurex dans un communiqué. Il assure que c’est au vu du succès du premier contrat et à la demande des clients que la Bourse a décidé d’élargir sa gamme sur la dette française.
Depuis avril dernier, 5 millions de contrats à terme sur l’OAT ont été échangés sur Eurex et près de 200.000 contrats sont ouverts aujourd’hui. «C’est un outil qui marche plutôt bien», estime un spécialiste en valeurs du Trésor. La position ouverte est cependant bien inférieure à celle enregistrée pour le contrat à terme comparable sur le Bund (990.000 contrats ouverts). Le contrat sur la dette française reste en revanche plus prisé que celui sur la dette italienne lancé plus tôt (82.110 contrats ouverts).
Le lancement de l’Euro-OAT Future en 2012 avait été pointé du doigt par de nombreux politiques bien qu’il ne fasse que répliquer les contrats qui existaient sur le Matif il y a plus de dix ans. «L’introduction en Allemagne d’un outil de spéculation sur la dette française est inacceptable en France», avait même déclaré le candidat François Hollande. «Ça fera l’objet de discussions avec le gouvernement allemand et les autorités européennes».
Force est de reconnaître que l’attaque spéculative tant redoutée n’a pas eu lieu. Le rendement de la dette française à 10 ans était à 2,24% hier contre 3% le jour du lancement du premier contrat sur Eurex et le spread par rapport à la dette allemande s’est resserré, de 129 points de base à l’époque à 62 pb.
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