La BoE est dans l’obligation de frapper fort jeudi
Après avoir déçu les marchés en observant le statu quo en juillet, la Banque d’Angleterre devrait cette semaine baisser ses taux voire relancer son QE.
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Patrick Aussannaire
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Bloomberg
La Banque d’Angleterre (BoE) est fermement attendue par les marchés. Après avoir déçu en passant son tour lors de la dernière réunion de son Comité de politique monétaire (MPC) en juillet, l’autorité britannique devrait cette fois baisser son taux directeur de 25 pb pour la première fois depuis 2009 pour le ramener à 0,25%, un nouveau plus bas historique, à l’issue de sa réunion de jeudi. La BoE dispose en outre de la possibilité de ressusciter son programme de rachats d’actifs APF, ou son Funding for Lending. Le consensus table sur une hausse des rachats de 50 milliards de livres, ce qui correspondrait, avec la baisse de taux de 25 pb, à l’équivalent d’un assouplissement total de 60 à 100 pb, selon les estimations fournies par la BoE elle-même au démarrage de son QE.
La livre a déjà beaucoup cédé
«Le statu quo de juillet observé en dépit des fortes attentes de marché suggère la réticence de la BoE à réduire ses taux à zéro. En outre, les taux de dépôts négatifs sont souvent perçus comme un outil pour déprécier la devise, ce qui n’est pas nécessaire pour la BoE compte tenu de la chute récente de la livre sterling», précise BNP Paribas. La devise britannique a cédé 13% face au dollar et 11% face à l’euro depuis le résultat du référendum du 23 juin, avec une forte poussée de la volatilité implicite vers ses plus hauts depuis 2008, avant de reculer depuis. «Si la probabilité d’une bonne surprise est très faible compte tenu des attentes de marchés qui se sont accrues ces dernières semaines, le signal envoyé par une baisse de taux sur les comptes réels qui ont été lents à rééquilibrer leur actifs devrait faire plier la livre», estime Citigroup.
La faiblesse des dernières données d’activité postérieures au Brexit confirme les craintes formulées à maintes reprises par le gouverneur de la BoE, Mark Carney. «Il est presque certain que l’économie britannique sera très affectée par le Brexit cette année et l’an prochain et devrait enregistrer une stagnation voire une légère récession. L’assouplissement monétaire devrait ainsi être déclenché aussitôt que possible», estime BNP Paribas. Si le ralentissement de la croissance britannique devrait freiner les pressions inflationnistes, la chute de la livre devrait avoir un effet inverse, au moins à court terme. «Avec une devise inférieure de 10% à ses niveaux projetés dans le rapport sur l’inflation de la BoE de mai, le niveau de l’indice des prix devrait être relevé de 1,8% à 2,7% et l’inflation dépasser les 2%», estime BNP Paribas.
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