La bataille s’intensifie pour le contrôle du groupe norvégien Cermaq
Les grandes manœuvres pour le contrôle du groupe piscicole norvégien Cermaq semblent être entrées dans une phase décisive. Ayant rejeté une offre mixte hostile de son compatriote Marine Harvest, leader mondial de la production de saumons, qui avait proposé fin mai de le racheter pour 9,9 milliards de couronnes locales (1,25 milliard d’euros), Cermaq a reçu hier le renfort de l’Etat norvégien, qui est déjà son actionnaire de référence avec 43,5% du capital. Le Ministère du commerce s’est en effet dit prêt à acheter au minimum 10,75 millions d’actions supplémentaires lors d’enchères ayant débuté hier et qui prendront fin lundi prochain.
Permettant aux actionnaires de fixer le prix auquel ils seraient prêts à céder leurs titres, ce processus d’enchères confié à Handelsbanken Capital Markets permettra à l’Etat de relever sa participation à plus de 55% en déboursant l’équivalent de 155 millions d’euros. Au cours actuel de 112,5 couronnes, l’ensemble du groupe atteint une valorisation boursière de 10,4 milliards de couronnes. En fonction du niveau des offres reçues, le gouvernement ajoute qu’il serait susceptible de racheter «jusqu’à 19,8 millions de titres Cermaq», ce qui porterait alors sa part à 65%.
La volonté manifeste de l’Etat norvégien de contrer les ambitions de Marine Harvest, qui pèse en Bourse deux fois plus que Cermaq, tient sans doute au fait que le premier éleveur mondial de saumons est contrôlé par l’homme d’affaires John Fredriksen qui a fait fortune dans le transport maritime et les hydrocarbures. Natif d’Oslo, celui-ci a des relations délicates avec les autorités norvégiennes depuis qu’il a abandonné en 2006 sa nationalité d’origine en prenant un passeport chypriote pour échapper au fisc. Etabli à Londres, il vient d’y transférer le siège social du géant parapétrolier Seadrill, auparavant géré depuis la Norvège.
Les activités de Cermaq suscitent une large convoitise, puisque le groupe a également reçu en début de semaine une offre de rachat pour sa division Ewos spécialisée dans la nutrition des poissons, qui représente 60% de son chiffre d’affaires. Emanant des fonds de capital-investissement Bain Capital et Altor Equity Partners, cette proposition de 6,2 milliards de couronnes valorise les actifs ciblés 10 fois leur valeur d’entreprise pour l’exercice 2013. Le dénouement de cette saga pourrait avoir lieu à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire de Cermaq prévue le 11 juillet.
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