JPMorgan marque des points en Chine
L’année 2011 devrait rester importante pour les ambitions de JPMorgan en Chine dont la présence dans le pays remonte à 1921. Alors que Bank of America (BoA) et Goldman Sachs continuent de réduire leurs participations dans deux piliers du système bancaire chinois – respectivement, la China Construction Bank et ICBC – JPMorgan finit l’année avec un investissement de 200 millions de dollars qui devrait lui assurer 24,9% d’un assureur-crédit dédié au financement des PME. La société nouvellement crée comptera comme autre actionnaire étranger l’Allemand Siemens. Du côté chinois figurent entre autres le groupe Baosteel, Hainan Airlines Capital et l’Export-Import Bank of China.
Selon la NDRC, avec un capital de 803,4 millions de dollars, l’assureur-crédit sera l’un des plus importants du pays. JPMorgan devrait fournir son expertise dans des domaines tels que le contrôle des risques et l’innovation de produits, mais ne s’impliquerait pas dans le management.
Ce nouvel engagement de la banque en Chine intervient seulement quelques mois après que sa coentreprise formée fin 2010 avec la société de bourse chinoise First Capital, ait annoncé avoir reçu sa licence lui permettant d’opérer sur les marchés domestiques.
Au vu des besoins en financement des PME chinoises, l’implication de JPMorgan dans l’assurance–crédit est une bonne nouvelle pour Pékin. Ces dernières semaines le gouvernement a réaffirmé à plusieurs reprises son intention de reprendre en main une «finance de l’ombre» qui, bien que pourvoyeuse de fonds traditionnelle des PME du pays, serait désormais jugée source de risques systémiques. Par ailleurs, Pékin doit aussi composer avec des banques déjà fortement contraintes par leurs ratios prudentiels, et qui plus est, notoirement exposées aux risques de créances douteuses liés à l’expansion du crédit de ces trois dernières années.
A la recherche de solutions, la semaine dernière le régulateur a donné son feu vert à trois banques de taille moyenne pour l’émission de 110 milliards de yuans d’obligations spéciales destinées à faciliter l’accès au crédit des micros et petites entreprises. Dans ce contexte, et si on le compare aux décisions défensives de BoA et Goldman, le choix de JPMorgan paraît stratégiquement prometteur pour le long terme.
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