IKB attaque le Crédit Agricole au sujet de trois CDO structurés
Le conflit entre IKB et le Crédit Agricole est passé à la vitesse supérieure: après une citation à comparaître envoyée en juin, quatre véhicules gérés par l’établissement allemand (Loreley Financing 7, 25, 31 et 32) ont déposé, vendredi, une plainte auprès de la Cour suprême de New York contre Crédit Agricole Securities et CA CIB, la banque de financement et d’investissement du groupe. Ils les accusent de leur avoir sciemment vendu des titres de piètre qualité issus de trois CDO (Orion 2006-1, Pyxis 2006-1 et Millstone IV), pour un montant total de 70,5 millions de dollars.
Selon les plaignants, défendus par le cabinet Stern & Kilcullen, CA CIB (Calyon à l’époque des faits) aurait secrètement autorisé le hedge fund Magnetar Capital à sélectionner les sous-jacents d’Orion et Pyxis: le fonds aurait choisi des collatéraux de mauvaise qualité issus de prêts subprime américains, tout en jouant contre eux sur les marchés. Or, «Calyon a prétendu que des gérants indépendants et qualifiés sélectionneraient des actifs de grande qualité et que certains mécanismes de l’opération – qui permettaient en réalité à Magnetar de financer ses positions vendeuses – avaient été mis en place dans l’intérêt des investisseurs», écrivent les avocats d’IKB.
Par ailleurs, lorsque la banque a décidé, en février 2007, de sortir des CDO d’ABS, elle aurait vendu aux plaignants des titres de Millstone IV, prétendument composé de sous-jacents dotés d’une excellente note de crédit (mais liquidé depuis). «En réalité, Calyon a rempli Millstone d’actifs fragiles dont il voulait se débarrasser, notamment plus de 90 millions de dollars de titres de CDO sponsorisés par Magnetar, rendant ainsi illusoire leur rang de subordination, qui était censé protéger les titres des plaignants», écrivent les avocats de Stern & Kilcullen.
De son côté, CA CIB affiche sa sérénité: la banque estime que cette plainte est une réaction au conflit qui oppose les deux établissements depuis août 2009. CA CIB réclame en effet à IKB 1,7 milliard de dollars devant la Cour de Justice de Londres pour fraude, dans le cadre d’un contrat de liquidité concernant le véhicule Havenrock II. Une procédure toujours en cours. Mais IKB a tout autant pu être galvanisé par les 250 millions de dollars de réparations qu’elle a reçus en juillet, aux côtés de RBS, dans un conflit similaire qui l’opposait à Goldman Sachs à propos du CDO Abacus.
Plus d'articles du même thème
-
Le Canada se dote d'un fonds souverain pour renforcer son indépendance économique
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé la création d'un fonds d'investissement national. Son ambition est de renforcer l’indépendance économique du Canada en investissant prioritairement dans les entreprises et les infrastructures du pays. -
PARTENARIAT
Avis de convocation – Saint-Gobain
-
Wall Street sur le qui-vive avant les résultats des géants de la tech
Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta Platforms, qui publient leurs résultats trimestriels ce mercredi 29 avril, suivis d'Apple le lendemain, seront scrutés par les investisseurs. Depuis environ un mois, tous ont porté le S&P 500 vers des sommets historiques. Des bénéfices records sont attendus, mais aussi des dépenses d'investissement sans précédent, tirées par l'IA.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sot-l'y-laisseMaster Poulet, dans la cuisine de la guerre des gauches
En prenant la défense d’un fast-food 100 % halal que le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, voudrait voir disparaître, les insoumis croient défendre le patrimoine culinaire de la « Nouvelle France » menacé par l'exil des bobos en banlieue -
Coq gauloisDerrière le boom du poulet, une France qui change profondément
Depuis début 2000, la consommation de poulet a été multipliée par deux en France. Preuve de bouleversements sociologique et économique profonds, portés par l'immigration, l'érosion du pouvoir d'achat et les soucis environnementaux. Des éléments complexes, cristallisés dans la « guerre » du Master Poulet -
EditorialLogement à Paris : Emmanuel Grégoire organise la pénurie et la flambée des prix
Changer la vie, peut-être, mais pas au point de remettre en cause ses a priori idéologique. Or contre cette carence locative dénoncée depuis des décennies maintenant, seule une vraie politique de l'offre sera efficace