Goldman Sachs souffre dans le trading de taux, Citi résiste
A rebours de ses compatriotes, Goldman Sachs a publié hier un résultat trimestriel en net recul. A 916 millions de dollars (840 millions d’euros), le bénéfice net à fin juin de la banque d’affaires américaine a été divisé par deux en un an. C’est aussi le plus faible enregistré en près de quatre ans. A l’inverse, Citigroup a dévoilé hier des profits trimestriels au plus haut depuis le début de la crise financière il y a huit ans, à 4,85 milliards de dollars. Il y a un an, la troisième banque des Etats-Unis affichait seulement 181 millions de dollars de résultat net.
Comme Bank of America Merrill Lynch et JPMorgan, Citi récolte les fruits de sa restructuration drastique et a largement réduit ses frais juridiques. A l’inverse, les provisions pour litiges et questions réglementaires flambent chez Goldman Sachs. Elles atteignent 1,45 milliard de dollars, contre 284 millions un an plus tôt.
Les différences entre les deux banques ne s’arrêtent pas là. Goldman Sachs accuse aussi le plus fort recul dans le trading de produits de taux, change et matières premières (FICC). Les revenus de son pôle chutent de 28% sur un an, à 1,06 milliard de dollars, alors que Citi limite la casse, avec un recul de 1% à 3,06 milliards. Goldman Sachs souffre de l’attentisme des investisseurs face à la crise grecque, comme JPMorgan (-10%) et Bank of America (-9,3%).
«Bien que les revenus des produits de taux d’intérêt aient été significativement supérieurs à ceux du deuxième trimestre 2014, cette hausse a été plus qu’annulée par des revenus significativement inférieurs dans les produits de crédit et, dans une moindre mesure, dans les prêts hypothécaires et le change, explique le groupe dans son communiqué. Les revenus liés aux matières premières ont également diminué.» Outre les variations annuelles, les revenus FICC de Goldman Sachs ont aussi été divisés par deux d’un trimestre sur l’autre.
Dans le trading actions en revanche, la banque affiche une hausse de 21% sur un an, et ses commissions sont au plus haut depuis 2007 dans la banque d’investissement (fusions-acquisitions et marchés primaires d’actions et de dette). La prime au leader lui réussit: au premier semestre, Goldman Sachs occupe la première place du podium mondial pour les fusions-acquisitions et le placement de titres, selon Thomson Reuters.
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