Dexia prépare son retour sur les marchés
Absente des marchés depuis son deuxième sauvetage à l’automne 2011, Dexia va de nouveau courtiser les investisseurs cette année. Délestée de son véhicule de refinancement DexMa, cédé demain à la nouvelle banque publique des collectivités (SFIL), la banque résiduelle espère lever «4 à 6 milliards d’euros à long terme cette année», confie une source proche. Elle est aussi en train de définir le montant de ses émissions à court terme». Des contacts auraient déjà été établis avec des banques d’investissement pour lancer les premières émissions «mi-mars en Europe et en avril aux Etats-Unis».
Ces financements aideront Dexia à refinancer son bilan qui porterait encore, selon la source, environ 250 milliards d’euros d’actifs avec des maturités pouvant aller au-delà de 2050. Il comprend un portefeuille obligataire géré à Dublin et à New York et quelque 180 milliards d’euros de prêts au secteur public local logés chez Dexia Crédit Local en France, Crediop en Italie, Sababell en Espagne et DKB en Allemagne.
L’heure n’est toutefois pas au retour à la normale. Pour se refinancer et assurer sa liquidité, Dexia bénéficie de nouveau de garanties publiques, définitivement autorisées fin décembre par la Commission européenne. Conjointes et non solidaires, elles sont octroyées par les Etats belge (à 51,4%), français (45,6%) et luxembourgeois (3%). Elles permettront à la banque démantelée de disposer, jusqu’en 2021, de 85 milliards d’euros de financements. La maturité de ces titres, dépôts et autres emprunts pourra atteindre 10 ans. En pratique, les émissions à long terme de 2013 devraient être comprises en 2 et 5 ans seulement, même si «la qualité des garanties d’Etat a été améliorée», assure la source.
Les encours passés garantis par les Etats s’élèvent actuellement à 71,7 milliards d’euros. Compte tenu des tombées attendues, ils pourraient passer à 68 milliards en fin d’année et continuer ensuite leur lente décrue. Entretemps, le dispositif va continuer à plomber les comptes de la banque qui anticipait, début décembre, 1 milliard de pertes en 2013. Même si le coût des garanties a été ramené à 5 points de base, «la marge d’intérêt reste négative», rappelle la source. Le retour à l’équilibre n’est pas attendu avant 2018. Sauf en cas de crise souveraine majeure: les 250 scénarios macroéconomiques étudiés prévoient, au pire, une dégradation de deux crans de la note de l’Italie et de l’Espagne.
Plus d'articles du même thème
-
Les spécialistes des taux s’inquiètent pour l’inflation et pour l’euro
Les panélistes interrogés par L’Agefi ont augmenté leurs attentes de hausses de taux pour les quatre grandes banques centrales. Et également pour les taux longs. -
L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Près d’un résultat sur deux généré par l’intelligence artificielle ne correspond pas à la réalité. Pourtant, les données proviennent le plus souvent directement de la société. -
Le patron des marchés privés de Schroders est sur le départ
Georg Wunderlin, le patron des marchés privés de Schroders, prévoit de quitter le gestionnaire londonien, en cours d’absorption par l’américain Nuveen, selon des informations de Bloomberg. Il doit rester dans le groupe jusqu'à fin octobre. D’après Bloomberg, le directeur général du groupe, Richard Oldfield, devrait prendre directement la responsabilité de l’activité marchés privés. Georg Wunderlin était arrivé en 2019 comme responsable des actifs privés et avait pris le poste de CEO de Schroders Capital il y a moins de deux ans. Avant, il dirigeait HQ Capital et avait occupé des fonctions senior chez UBS, après des débuts chez Boston Consulting Group.
ETF à la Une
Arnaud Gihan (BlackRock) : « Les ETF permettent aux CGP de construire des solutions sur-mesure pour les clients »
Contenu de nos partenaires
-
Rising starKemi Badenoch, la patronne des conservateurs britanniques qui veut remettre son parti en haut de l'affiche
Décrédibilisé après les années Johnson et Truss, le parti est encore convalescent. Mais débarrassée des députés tentés par Reform UK, la cheffe des Tories disposerait d’une ouverture pour les redresser -
Lycées bloqués : les organisations lycéennes se « désolidarisent » des violences, mais veulent « poursuivre la mobilisation »
La mobilisation lycéenne a marqué le pas vendredi, avec 735 établissements concernés, mais les violences et les dégradations restent nombreuses à travers le pays. Plus de 5 000 personnes ont été interpellées depuis lundi en marge du mouvement. Les organisations lycéennes appellent désormais à poursuivre la mobilisation la semaine prochaine -
Pas vu pas prisAffaire Bardella : le RN continue de faire bloc, Marine Le Pen veut enjamber la crise
Preuves contestées, média attaqué, cadres mobilisés : le RN continue de soutenir Jordan Bardella, qui opte pour une stratégie jusqu’au-boutiste. La candidate à l'Elysée, plutôt que de s’exposer davantage, tente de mettre l'affaire à distance