Deutsche Bank n’écarte «aucune option» pour renforcer ses fonds propres
Nous n’excluons aucune option», a concédé hier Anshu Jain, co-président du directoire de Deutsche Bank. Après avoir mis l’accent sur la réduction de son bilan, la première banque allemande laisse la porte ouverte à une augmentation de capital pour renforcer sa solvabilité. Alors que son ratio de fonds propres durs Bâle 3 est passé de 9,7% à 9,5% au cours du premier trimestre, elle vise plus de 10% au 31 mars 2015.
D’ici là, Deutsche Bank s’attend à un impact négatif de 1,5 à 2 milliard d’euros des nouvelles règles de valorisation des actifs de trading, dévoilées fin mars par l’Autorité bancaire européenne (EBA). La banque cite aussi, sans chiffrer leur impact, les standards de l’EBA en matière de valorisation des dérivés (CVA ou valeur de marché des risques de crédit) et la revue des actifs menée actuellement par la Banque centrale européenne.
Absente des marchés depuis la levée de 3 milliards d’euros d’actions en mai 2013, Deutsche Bank a franchi une première étape lundi en annonçant l’émission d’une dette hybride (contingent capital) de 1,5 milliard d’euros minimum, prévue la semaine prochaine. La banque ne se prononce pas sur ses besoins totaux, estimés à 10 milliards d’euros par Mediobanca, ni sur une augmentation de capital de 5 milliards d’euros évoquée la semaine dernière par le Handelsblatt. Elle n’écarte toutefois pas la possibilité d’une nouvelle émission de «capital social». Cette option figure en bas de la liste d’outils présentée hier, après la «rétention des bénéfices», la «diminution du profil de risque» de la division des actifs non stratégiques et de divisions «opérationnelles», des «mesures sur les portefeuilles» (cession ou mise en extinction), la «réduction des bonus» et la «réduction du dividende».
L’établissement ne peut plus compter uniquement sur la réduction de son bilan et sa capacité bénéficiaire, amputée de 3 milliards d’euros l’an dernier par le coût de ses litiges. Au premier trimestre, son résultat net a baissé de 34% sur un an, à 1,08 milliard d’euros. Il est toutefois supérieur aux attentes des analystes grâce à la relative résistance du fixed income (produits de taux et change). Ce pôle accuse une baisse de 10% de ses revenus contre -13% en moyenne chez les cinq grandes banques d’investissement américaines, une fois retranchée chez Deutsche Bank l’activité de matières premières en extinction.
La banque allemande a aussi confirmé son retrait du processus de fixation des prix mondiaux de l’or et de l’argent.
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