Des tensions affectent la gouvernance de la BPI à l’heure de ses premiers pas
Une certaine confusion a régné hier en marge du second conseil d’administration de bpifrance, la Banque publique d’investissement (BPI) encore en cours de gestation. Défendant une «certaine liberté de parole», sa vice-présidente Ségolène Royal a tenu une conférence de presse impromptue en solo deux heures avant celle prévue avec le directeur général, Nicolas Dufourcq.
A l’origine de ces tensions, une passe d’armes la semaine dernière par voie de presse sur le dossier de la raffinerie en difficulté Petroplus. Pour Nicolas Dufourcq, son sauvetage, comme celui des hauts-fourneaux de Florange, n’aurait pas représenté un «bon business». Des propos qualifiés de «grave dérapage» par la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes.
Le conseil d’administration s’est d’ailleurs penché sur le projet de doctrine d’investissement qui sera présenté au Parlement le 15 mai prochain. Lors d’un point presse, Ségolène Royal a assuré qu'«on peut bâtir l’avenir avec des sociétés en mutation industrielle», ajoutant que la BPI pouvait jouer un rôle de «catalyseur» et déclencher un «cercle vertueux» en attirant d’autres investisseurs. Nicolas Dufourcq s’est empressé d’ajouter que l’activité de retournement, «extrêmement difficile», ne se ferait qu’en appui d’un financement privé et au travers de fonds de fonds. Les deux responsables se sont toutefois efforcés de minimiser la polémique apparue la semaine dernière.
Autre signe des tensions qui secouent l'état-major de la BPI, le sort de François Drouin, nommé vice-président, semble incertain. Nicolas Dufourcq a tenu hier à «lui rendre hommage» pour son action à la tête d’Oséo, indiquant de manière sibylline qu’il prendrait de «nouvelles responsabilités» au cours des prochaines semaines. Selon Les Echos, il s’est vu proposer la présidence d’Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc.
C’est dans ce contexte que bpifrance, dont la mise en musique devrait être finalisée fin juin, a fait un point sur l’activité au premier trimestre. Via son pôle bpifrance financement (ex-Oséo), 630 millions d’euros, notamment via le préfinancement du CICE, sont en cours de versement aux PME et ETI, en plus des soutiens courants (garantie, co-financement, innovation). Quant au pôle bpifrance investissement (issu du FSI, de CDC Entreprises et de FSI Régions), il a réalisé et validé au premier trimestre 300 millions d’euros d’investissements et d’engagements, sur un objectif annuel d’investissement direct de 1,3 milliard d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée. -
La Banque du Japon maintient son taux directeur avant une prochaine hausse
La banque centrale du Japon fait une pause dans sa politique de normalisation mais confirme son changement de cap avec un discours plus restrictif. Le retour de l'inflation à sa cible de 2% est à la fois une victoire et un risque auquel la banque reste très attentive.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Peut-on interdire la théorie du « grand remplacement » comme le réclame le maire de Trappes ?
Ali Rabeh a appelé vendredi à l’interdiction de la théorie raciste du « grand remplacement », qui aurait « armé » le tireur de l’attentat des Yvelines. Le constitutionnaliste Benjamin Morel s’inquiète d’une mesure « contre-productive » qui risquerait de contrevenir à la liberté d’expression. -
Mondes émergentsLe Brésil, notre partenaire stratégique
L’Europe dispose d’une opportunité qu’elle doit saisir. Les échanges entre l'Union et le Brésil ont atteint 100 milliards de dollars en 2025, presque à l'équilibre -
Tribune libreGrand âge contre jeunesse : le faux dilemme qui nous coûtera cher
Entre 2027 et 2032, la France comptera un million de personnes supplémentaires de plus de 75 ans ; plus de 800 000 Français entreront en Ehpad