Des tensions affectent la gouvernance de la BPI à l’heure de ses premiers pas
La vice-présidente Ségolène Royal et le directeur général Nicolas Dufourcq peinent à présenter une ligne de conduite unifiée
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Antoine Duroyon
Intervention de Ségolène Royal hier à la BPI. Photo: Denis Allard/REA
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Une certaine confusion a régné hier en marge du second conseil d’administration de bpifrance, la Banque publique d’investissement (BPI) encore en cours de gestation. Défendant une «certaine liberté de parole», sa vice-présidente Ségolène Royal a tenu une conférence de presse impromptue en solo deux heures avant celle prévue avec le directeur général, Nicolas Dufourcq.
A l’origine de ces tensions, une passe d’armes la semaine dernière par voie de presse sur le dossier de la raffinerie en difficulté Petroplus. Pour Nicolas Dufourcq, son sauvetage, comme celui des hauts-fourneaux de Florange, n’aurait pas représenté un «bon business». Des propos qualifiés de «grave dérapage» par la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes.
Le conseil d’administration s’est d’ailleurs penché sur le projet de doctrine d’investissement qui sera présenté au Parlement le 15 mai prochain. Lors d’un point presse, Ségolène Royal a assuré qu'«on peut bâtir l’avenir avec des sociétés en mutation industrielle», ajoutant que la BPI pouvait jouer un rôle de «catalyseur» et déclencher un «cercle vertueux» en attirant d’autres investisseurs. Nicolas Dufourcq s’est empressé d’ajouter que l’activité de retournement, «extrêmement difficile», ne se ferait qu’en appui d’un financement privé et au travers de fonds de fonds. Les deux responsables se sont toutefois efforcés de minimiser la polémique apparue la semaine dernière.
Autre signe des tensions qui secouent l'état-major de la BPI, le sort de François Drouin, nommé vice-président, semble incertain. Nicolas Dufourcq a tenu hier à «lui rendre hommage» pour son action à la tête d’Oséo, indiquant de manière sibylline qu’il prendrait de «nouvelles responsabilités» au cours des prochaines semaines. Selon Les Echos, il s’est vu proposer la présidence d’Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc.
C’est dans ce contexte que bpifrance, dont la mise en musique devrait être finalisée fin juin, a fait un point sur l’activité au premier trimestre. Via son pôle bpifrance financement (ex-Oséo), 630 millions d’euros, notamment via le préfinancement du CICE, sont en cours de versement aux PME et ETI, en plus des soutiens courants (garantie, co-financement, innovation). Quant au pôle bpifrance investissement (issu du FSI, de CDC Entreprises et de FSI Régions), il a réalisé et validé au premier trimestre 300 millions d’euros d’investissements et d’engagements, sur un objectif annuel d’investissement direct de 1,3 milliard d’euros.
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