Citigroup s’appuie sur le moteur de ses activités de taux
Charger la barque de ses prédécesseurs pour mieux rebondir: Michael Corbat a appliqué avec succès ce principe en prenant la direction générale de Citigroup en octobre 2012. Habituée à décevoir les analystes, notamment en janvier dernier pour ses comptes annuels, la banque américaine les a cette fois surpris agréablement avec des résultats supérieurs au consensus au premier trimestre. A 3,81 milliards de dollars, le bénéfice net affiche une progression de 30% sur un an.
Citigroup a encore bénéficié sur le trimestre de reprises de provisions, à hauteur de 625 millions de dollars. Un élément qui aide toutes les banques américaines à gonfler leurs résultats et reflète l’amélioration du cycle de crédit aux Etats-Unis.
Cela n’enlève rien aux performances du groupe dans la banque de financement et d’investissement. Les métiers de taux, où Citigroup pointait au deuxième rang mondial l’an dernier, ont connu une croissance de leurs revenus de 69% d’un trimestre à l’autre, à 4,62 milliards. L’activité n’a reculé que de 3% sur un an alors que les trois premiers mois de 2012 constituent une base de comparaison élevée pour les BFI. Citigroup évoque la croissance des activités de titrisation sur la période. Dans la banque d’investissement, qui recouvre le conseil en fusions-acquisitions et les métiers de primaire dette et actions, les revenus progressent de 22% sur un an.
Michael Corbat était attendu aussi sur sa maîtrise des charges. Celles-ci ont encore crû de 1% sur un an, principalement en raison de frais juridiques. D’un trimestre à l’autre, en revanche, la baisse atteint 10%. A près de 60%, le coefficient d’exploitation du groupe, dont la réduction doit beaucoup à la croissance du produit net bancaire, revient en ligne avec ceux de JPMorgan.
Ce n’est qu’un début. La banque a annoncé en décembre dernier un plan d’économies de 900 millions en 2013 et 1,1 milliard de dollars en 2014, avec à la clé 11.000 suppressions de postes et des réductions de voilure dans 21 pays, sans nommer lesquels. Mais avec un ratio de solvabilité common equity tier one (Bâle 3) de 9,3% à fin mars, elle se veut aussi offensive. Jim Cowles, le patron de ses activités européennes, estimait hier dans un entretien à Bloomberg que les banques américaines universelles comme Citi gagnent des parts de marché en BFI car elles absorbent mieux que leurs concurrentes européennes le coût des règlementations.
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