Cerberus sort d’Aozora à un moment clé pour la banque japonaise
Cerberus Capital Management a décidé de solder sa longue aventure au capital de la banque japonaise Aozora. Cette dernière a indiqué hier avoir été informée par le fonds américain de capital-investissement qu’il souhaitait céder sa participation de 55% au capital, au sein duquel il est majoritaire depuis 2003 après y avoir fait son entrée trois ans plus tôt. En tenant compte de la chute de 9% du cours que la nouvelle a provoquée en Bourse de Tokyo hier, l’investissement de Cerberus est valorisé 190 milliards de yens, l’équivalent de 1,9 milliard d’euros.
L’actionnaire souhaite tout d’abord prendre part au programme de rachat de titres validé par les actionnaires et portant sur 20% du capital. Cette opération constituera le point de départ d’une sortie totale, le solde de la participation étant susceptible d’être cédé, pourquoi pas dès cette année, dans le cadre d’une transaction privée ou au fil de l’eau sur le marché, en fonction des conditions prévalant sur ce dernier.
Aozora a qui plus est fait part de la démission de son directeur général Brian Prince, qui souhaite «passer davantage de temps avec sa famille». Il siégera au conseil et cède son fauteuil de direction opérationnelle au président Shinsuke Baba.
Si la durée d’engagement de Cerberus auprès d’Aozora apparaît relativement longue, sa sortie semble survenir alors que le plan de redressement n’est pas tout à fait finalisé et que la confiance des investisseurs reste fragile, comme en témoigne le recul du titre, qui a abandonné jusqu’à 13% hier. Aozora, ex-Nippon Credit Bank, avait été brièvement nationalisée avant l’arrivée de Cerberus, dans le sillage d’une crise ayant fait vaciller l’ensemble du secteur bancaire japonais, et a finalement publié le mois dernier son plan final de remboursement des deniers publics empruntés alors pour assurer sa survie.
Analyste de BNP Paribas à Tokyo, Toyoki Sameshima regrette que les annonces faites hier renforcent l’incertitude quant à la stratégie à venir d’Aozora, Brian Prince étant apprécié des investisseurs en tant que «leader décisif». La banque change ainsi de patron à un «tournant majeur» selon l’analyste d’UBS Shinichi Ina.
L’initiative de Cerberus peut participer d’une réduction de voilure au Japon. Reuters croit savoir que le fonds a donné mandat à des banques pour mener à bien la cession de sa part dans l’exploitant ferroviaire et hôtelier Seibu Holdings.
Plus d'articles du même thème
-
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène. -
Google fait son grand retour dans la compétition aux modèles d’IA de pointe
Google a lancé, jeudi 1er octobre, un nouveau modèle d'IA haut de gamme, Gemini 4 Argon, testé par quelques partenaires de confiance. Avec Anthropic et OpenAI, tous rivalisent sur la puissance de leurs outils d’IA, alors même qu'ils appellent publiquement à la modération.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : le soutien croissant des Britanniques à l’UE peut-il rebattre les cartes du Brexit ?
Plusieurs enquêtes récentes montrent qu’une part importante des Britanniques est désormais favorable à un retour dans l’Union européenne. Alors qu’Andy Burnham envisage ouvertement une nouvelle adhésion, une telle perspective nécessiterait de longues négociations, sans garantie pour Londres de retrouver les dérogations dont il bénéficiait avant le Brexit -
Guerre au Moyen-Orient : à court de missiles, l’Amérique découvre les limites de sa puissance
En sept mois de guerre contre l’Iran, les Etats-Unis ont largement puisé dans leurs stocks d’intercepteurs. Pensé pour protéger les alliés américains au Moyen-Orient, le système THAAD illustre aujourd’hui les difficultés de l’industrie de défense américaine à soutenir, sur la durée, une guerre de haute intensité -
La Fabrique de l'OpinionDénatalité : « Sexualité, couple et projet d’enfant se sont désynchronisés »
Les explications matérielles – logement, précarité, modes de garde – sont importantes mais n'expliquent pas à elles seules la dénatalité qui frappe la France. Spécialiste de la natalité, Hélène Calas explore la récession du couple parental