Cerberus délaisse le Japon en cédant le contrôle de la banque Aozora
La banque japonaise Aozora a indiqué hier que son principal actionnaire Cerberus Capital Management souhaitait céder la majeure partie de ses titres. Entrée au capital d’Aozora en 2000 alors que le gouvernement japonais venait de voler au secours du prêteur avant d’en prendre le contrôle trois ans plus tard, la société de private equity américaine avait introduit la banque en Bourse en 2006.
Cerberus franchit aujourd’hui le pas d’une sortie quasi complète de son investissement après avoir fait connaître ce projet en septembre dernier sans en préciser les contours.
Le fonds souhaite concrétiser d’ici à fin janvier un placement global de 632,5 millions de titres (y compris une option de surallocation de 41,25 millions d’actions), dont la valorisation en Bourse de Tokyo en clôture hier s’élève, à raison de 250 yens par action, à l’équivalent de 1,38 milliard d’euros. Sur des rumeurs évoquant cette opération, l’action a chuté de 10,1% hier. A l’issue de l’opération, Cerberus ne détiendra plus que 7,7% des droits de vote, contre 57,8% aujourd’hui, selon l’avis boursier publié par Aozora. Le site internet de la banque indique qu’à fin septembre dernier, Cerberus détenait 49,8% du capital, loin devant la banque nipponne Orix avec 6,3% et une part d’auto-détention par Aozora de 9,3%.
Cette dernière a précisé que le prix des titres cédés sera connu la semaine prochaine, entre le 16 et le 18 janvier. Cerberus pourrait bien attribuer jusqu’à la moitié de l’offre à des investisseurs non japonais. Une opération coordonnée par Citigroup et Morgan Stanley, avec l’aide de Goldman Sachs et de Barclays pour la partie internationale et de Daiwa Securities et de Mitsubishi UFJ Financial Group pour la partie japonaise.
Outre le fait qu’il solde une aventure de neuf ans à la tête du prêteur nippon, au moment où le titre d’Aozora a atteint vendredi dernier un plus haut depuis quatre ans et demi, Cerberus confirme son moindre intérêt pour l’Archipel. En septembre déjà, Reuters avançait que le fonds avait mandaté des banques d’investissement pour se défaire de sa part de 30% environ au capital de l’opérateur foncier, ferroviaire et hôtelier Seibu Holdings.
La société de private equity serait en parallèle en négociations avancées pour consacrer 500 millions de dollars au sein d’un groupe d’investisseurs au rachat d’actifs et d’une part du capital du distributeur américain SuperValu.
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