Carlyle solde sa fructueuse aventure au capital du troisième assureur chinois

Avec la cession hier de ses derniers titres de China Pacific Insurance, le fonds américain aura finalement empoché plus de six fois sa mise initiale
Benoît Menou

Le brio avec lequel Carlyle semble avoir mené l’opération a de quoi rendre jaloux bien des professionnels du capital-investissement. En cédant hier le solde de sa participation au capital de China Pacific Insurance (CPIC), la société américaine de private equity a en effet engrangé un rendement de plus de 500% de sa mise initiale pour un investissement bâti entre 2005 et 2007. Après être monté à 17% du capital du troisième assureur chinois pour 600 millions d’euros, Carlyle aura récolté plus de 3,9 milliards par le biais de plusieurs cessions au cours des deux dernières années.

Hier, le groupe de Washington a selon des sources concordantes cédé, sous la houlette de Goldman Sachs et UBS, un reliquat de 2,2% du capital, soit 203 millions de titres CPIC désormais cotés à Hong Kong, pour l’équivalent de 605 millions d’euros. Un prix situé au plus haut de la fourchette indicative de 30,0 à 30,3 dollars locaux par action, soit une remise limitée à 2,3% par rapport au cours de clôture de lundi soir. Carlyle a confirmé la vente mais pas ses détails financiers. Le magazine The Asset croit savoir que les titres ont été alloués à parts égales entre fonds actions traditionnels et fonds alternatifs, les dix principaux empochant une majorité des titres.

La bonne opération réalisée au capital de CPIC constitue un argument pour Carlyle qui tente actuellement de séduire les investisseurs pour boucler son plus important fonds dédié à l’Asie. La société vise en effet une collecte de 3,5 milliards de dollars, contre un montant cumulé de 5,1 milliards pour les trois précédents fonds levés entre 1999 et 2010. Carlyle dispose aujourd’hui d’un portefeuille de 38 investissements en Asie, dont 19 en Chine.

Le groupe américain s’est montré capable tant de dénicher un investissement il y a sept ans avant que CPIC n’entre en Bourse de Hong Kong, que de consentir à clore le dossier après un envol des valorisations boursières dans le secteur chinois de l’assurance. Le titre CPIC a gagné 40% en 2012.

Tout en estimant que la divulgation de nouvelles stratégies commerciales de la part des assureurs à l’occasion du nouvel an chinois ne manquera pas de susciter l’intérêt des investisseurs, l’analyste Olive Xia, interrogée par Bloomberg, estime que le bond récent de CPIC «appelle un mouvement d’ajustement».

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