Carlyle et Cinven soldent l’aventure Numericable pour miser sur Altice
Le choix de Vivendi pour SFR n’a pas seulement fait le bonheur d’Altice et de Numericable, mais aussi celui de Cinven et Carlyle. Les deux fonds vont ainsi solder un investissement mouvementé dans Numericable qui remontait à mars 2005, pour le premier, et à 2008 pour le second, tout en restant dans l’aventure. Ils se retrouveront désormais actionnaires d’Altice, et seront à ce titre exposés à la fois au potentiel du nouvel ensemble Numericable SFR, et au reste des activités télécoms de la holding de Patrick Drahi, comme en Israël, en République dominicaine ou dans les départements d’outre-mer français.
Altice va en effet racheter les 21,32% de Carlyle et les 13,27% de Cinven dans Numericable. L’équivalent de 14% du capital sera réglé en cash, à raison de 30,5 euros par titre détenu. Le solde (environ 20,6% du capital) sera échangé en actions Altice à raison de 0,97 titre par action Numericable détenue. Aux cours de clôture d’hier soir, l’ensemble de la transaction pouvait être valorisée à 1,36 milliard d’euros, dont environ 530 millions en cash pour les deux fonds.
Cinven et Carlyle s’étaient déjà allégés à l’occasion de l’introduction en Bourse de Numericable en novembre 2013. Ils ne soldent cependant pas le dossier aux mêmes conditions en raison de points d’entrée différents. Cinven, qui se retrouvera à la tête de 3,6% du capital d’Altice, soit autour de 250 millions d’euros de titres, revendiquait hier une plus-value totale de 1,5 milliard d’euros sur son investissement en prenant en compte la valeur de cette participation. Le fonds 3 de la firme britannique aurait ainsi dégagé un taux de rendement interne (TRI) de 160% sur sa mise de départ dans Numericable.
Carlyle, de son côté, ne souhaite pas communiquer d'éléments sur son TRI ou ses plus-values. En mars 2008, le fonds américain avait mis 1,1 milliard d’euros sur la table pour racheter à Cinven la moitié de sa participation dans Numericable et sa société sœur Completel – depuis fusionnée – et prendre ainsi 37,8% du capital. Un an et demi plus tard, les deux actionnaires avaient dû injecter des fonds supplémentaires au capital pour permettre au câblo-opérateur de renégocier sa dette avec ses créanciers.
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