Bercy et l’AMF se montrent sévères sur le trading à haute fréquence
Levée de bouclier contre le trading à haute fréquence. Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la spéculation, la ministre de l’Economie n’a pas hésité à se prononcer jusqu’à une interdiction si nécessaire. «Ma tendance naturelle serait au moins de les règlementer, de les encadrer très strictement, et après analyse des avantages-coûts de ces méthodes, éventuellement de les interdire, en tous cas de donner la capacité à l’Autorité des marchés de pouvoir les interdire en cas de circonstances considérées comme exceptionnelles, néfastes», a déclaré Christine Lagarde.
Des propos appuyés peu après par le régulateur lors de la 7e édition des Entretiens de l’AMF. Ces techniques «compliquent la détection des manipulations de cours, tout en perturbant les investisseurs qui n’arrivent plus à lire le marché. Elles engendrent aussi des risques opérationnels», a expliqué Jean-Pierre Jouyet rappelant que le trading à haute fréquence représente environ 35% de l’activité totale en Europe et pourrait atteindre 60%, comme aux Etats-Unis, d’ici à 2012. «Si nous ne voulons pas nous donner les moyens humains, financiers ou techniques, alors je plaide pour que l’on bride ces activités», a ajouté le président de l’AMF.
«Le trading à haute fréquence est un vrai problème, avait déjà déclaré la veille le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, devant cette même commission parlementaire. Je ne verrais que des avantages à ce qu’on remette ça en cause autant que possible».
En attendant, le régulateur demande un accès automatique aux carnets d’ordres des plates-formes autres qu’Euronext, pour lui permettre de consolider l’information sur les ordres, «seul moyen de surveiller correctement». L’AMF réclame aussi la mise en place de reportings plus précis «incluant un identifiant client pour chaque transaction» et pas, comme actuellement, le seul nom de l’intermédiaire financier.
Enfin, au sujet des matières premières, Jean-Pierre Jouyet souligne que le plus difficile sera de coordonner la régulation des marchés financiers et celle des marchés physiques. Ce qui pourra nécessiter la création de nouvelles structures de surveillance.
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