Alma Consulting emploie la manière forte pour restructurer sa dette LBO
Alma Consulting Group voit le bout de sa restructuration financière. Le tribunal de commerce de Nanterre tient aujourd’hui une audience sur ce plan, qui vise à ramener de 430 à 100 millions d’euros la dette du cabinet de conseil en optimisation des coûts, repris en LBO par Candover en 2007. Il passera sous le contrôle de ses créanciers. Le jugement est attendu la semaine prochaine. Le groupe compte ensuite convoquer mi-décembre des assemblées générales pour entériner la situation.
Pour convaincre les derniers récalcitrants, Alma avait dégainé en septembre l’arme absolue: une procédure de sauvegarde financière accélérée (SFA). Celle-ci permet de faire approuver la restructuration à la majorité des deux tiers des créanciers et à la majorité simple des actionnaires. Avant l’ouverture de la SFA, la société s’était déjà assuré le soutien d’environ 97% des porteurs de dette senior et mezzanine, soutien réaffirmé il y a une quinzaine de jours lors de deux votes.
Le point bloquant pouvait venir des actionnaires, et notamment du fondateur d’Alma, Marc Eisenberg, débarqué fin 2011 mais toujours associé au capital et majoritaire dans certaines holdings. Il avait poussé cet été un projet de reprise avec Leyton, le numéro deux du secteur, et avec l’un des créanciers, LFPI. Mais il a finalement tourné casaque pour se ranger du côté du plan soutenu par les prêteurs et l’actuelle direction du groupe.
Une grosse demi-douzaine de créanciers prendra donc le contrôle du cabinet. Le fonds Babson sera le premier actionnaire, avec à ses côtés New Amsterdam, M&G ou encore ICG. La restructuration se fera par conversion partielle de dette et par la prolongation de 100 millions d’euros de financement in fine à 6 ans. La dette résiduelle représenterait autour de 4,5 fois l’Ebitda, selon nos sources. La société évoque «un levier raisonnable».
De quoi redonner des marges de croissance interne et externe à Alma, qui conserve par ailleurs autour de 40 millions d’euros de trésorerie, selon son président Hervé Amar. « Nous travaillons avec Alvarez & Marsal pour analyser des cibles d’acquisition en France et en Europe. Nous souhaitons compléter notre offre pour couvrir toute la palette des besoins de nos clients», précise le dirigeant.
Dans ce long processus, les boutiques Special Debt et Leonardo ont conseillé les banques, avec les avocats de De Pardieu. Ashurst a épaulé les mezzaneurs, DPKJ et Bredin Prat la société, et Weil les actionnaires.
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