Air France-KLM plonge en Bourse, les fonds propres inquiètent malgré la recapitalisation
Air France-KLM a chute de 13% mardi, à 1,30 euro, alors que le transporteur aérien a annoncé avoir réalisé son augmentation de capital de 2,256 milliards d’euros, censée lui permettre de tourner la page de la crise sanitaire. Le produit net de cette opération sera affecté au remboursement d’une partie des aides de l’Etat français, à hauteur de 1,7 milliard d’euros, et pour le solde, soit environ 600 millions euros, à la réduction de l’endettement net du groupe.
Cependant, même après cette opération, la compagnie devrait afficher des fonds propres négatifs de 3,2 milliards d’euros, indique la banque Stifel dans une note sectorielle publiée mardi matin. «Le bilan reste extrêmement faible» et «si, comme nous le prévoyons, les fondamentaux du marché se détériorent l’année prochaine, cette faiblesse deviendra un problème encore plus pressant», ajoute l’intermédiaire financier.
«Cette opération marque une étape importante dans l’exécution du programme d'émission d’actions et de quasi-fonds propres d’un montant maximal de 4 milliards d’euros», a souligné pour sa part Air France-KLM dans un communiqué. «Dans le contexte d’une amélioration attendue des performances de la société, et [avec] la cible d’une marge opérationnelle de 7% à 8% d’ici 2024, la société est confiante qu’aucune autre mesure dilutive ne sera nécessaire», a ajouté le groupe.
Le transporteur franco-néerlandais a émis 1,928 milliard d’actions nouvelles au prix de 1,17 euro par titre. «A l’issue de la période de souscription, qui s’est achevée le 9 juin 2022, la demande totale s’est élevée à environ 2.240 millions d’actions, soit près de 2,261 milliards d’euros. L’opération a été sursouscrite avec un taux de souscription d’environ 116%», a-t-il précisé. Les Etats français et néerlandais ont souscrit à hauteur de leurs participations respectives, conservant ainsi 28,6% et 9,3%, respectivement, du capital.
CMA CGM, avec qui Air France-KLM a signé le mois dernier un partenariat stratégique d’une durée initiale de dix ans dans le cargo aérien, est pour sa part devenu un «nouvel actionnaire de référence» en prenant une participation correspondant à 9% du capital. L’assemblée générale d’Air France-KLM, tenue fin mai, a approuvé la nomination du PDG de l’armateur, Rodolphe Saadé, en tant que membre du conseil d’administration du transporteur aérien.
Les compagnies aériennes chinoise et américaine China Eastern et Delta Airlines ont également participé à l’augmentation de capital et détiennent respectivement 4,7% et 2,9% du capital d’Air France-KLM après l’opération.
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés actions ont remis leurs lunettes roses
Les perspectives de résultats et la valorisation plus raisonnable des actions rendent les investisseurs plus confiants. Ils entrevoient encore un potentiel de hausse, malgré les risques persistants. -
Les actions émergentes ont rattrapé leur faux pas estival
Les marchés émergents ont rebondi après leur correction de juillet et progressent désormais de 27% en 2026, portés principalement par le secteur technologique. Mais cette concentration est aussi une vulnérabilité. -
La taxe sur les transactions financières rate ses objectifs
La taxe sur les transactions financières (TTF) instaurée en France en 2012 n’aurait pas eu les effets escomptés en termes de réduction de l’instabilité des marchés financiers malgré une certaine rentabilité budgétaire avec 2,5 milliards d’euros de recettes en 2025, indique un rapport de la Cour des comptes.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
Choc d'offresFiscalité sur les transmissions : le grand chamboulement proposé par les notaires
Faire de la fiscalité un levier économique. C'est l'idée forte qui sera défendue par les notaires de France lors de leur prochain congrès début octobre -
Plus le choixLa réduction du déficit suspendue à 6 milliards d'économies sur les retraites
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a soumis des propositions à l'arbitrage du Premier ministre qui devrait trancher ce week-end. Pour contenir le déficit à 5 %, juste en dessous de 5,1 % atteint en 2025, il faut soit désindexer totalement les pensions, soit supprimer l'abattement de 10 % sur leur revenu dont bénéficient les retraités -
SouverainetéMarchés publics : « La préférence européenne est une expression taboue »
La réforme portée par Stéphane Séjourné apporte d'importantes avancées, estime l'économiste Sarah Guillou, qui identifie d'autres leviers à mobiliser pour améliorer la compétitivité de l'industrie européenne.