Advent prend ses pertes pour sauver Towergate
Le destin de Towergate Insurance est quasiment scellé, au détriment principal de son actionnaire, le fonds Advent. Les créanciers prioritaires prendront prochainement le contrôle de l’assureur britannique, handicapé par une dette de 1,05 milliard de livres sterling (1,4 milliard d’euros): ce dernier a annoncé hier la signature d’un accord de restructuration, confirmant l’information du Financial Times du matin même.
Selon l’accord, Advent perdra l’intégralité de sa participation, tandis que les prêteurs obligataires (qui ne sont donc pas prioritaires) subiraient une perte importante sur leurs créances. Contacté par L’Agefi, Advent a décliné tout commentaire.
L’accord a été approuvé à l’unanimité par le comité de restructuration et par plus de 70% des détenteurs de dette senior garantie. «Les discussions [avec] les créanciers de dette senior non garantie se poursuivent, pour déterminer les termes d’un accord permettant leur participation à la restructuration», indique la société dans un communiqué.
En effet, l’accord doit être sanctionné par la justice sous la forme d’un scheme of arrangement. Cette procédure collective permet à un emprunteur de restructurer sa dette sans l’accord unanime des créanciers (Zodiac Marine, contrôlé par Carlyle, et Apcoa, propriété d’Eurazeo, ont déjà eu recours à un tel outil). En l’occurrence, les trois quarts des détenteurs de dette senior devront approuver l’accord pour qu’il soit validé. Ceux-ci se comptent par dizaines, qu’ils soient fonds de dette, de restructuration ou encore hedge funds.
Les détenteurs de dette senior garantie acceptent une réduction supérieure à 60% de la valeur nette de leur créance. La nouvelle dette comprend une tranche senior garantie (à 5 ans) de 375 millions de livres, ainsi qu’une tranche subordonnée PIK (payment-in-kind, dont le paiement des intérêts, non amortissables, ne se fait pas en cash), remboursable en 2025. Par ailleurs, Towergate bénéficiera de l’injection par les nouveaux actionnaires de 75 millions de livres sous forme de titres super senior (à 4 ans) à la conclusion du financement. Cette tranche alimentera la trésorerie du groupe.
Le levier de dette pesant sur Towergate sera ainsi considérablement réduit. Son multiple passera de 9,6 à 3,4 fois son Ebitda. Le groupe affiche un Ebitda de 145 millions de livres en 2014, en recul de 17%. Il précise avoir rejeté une offre d’acquisition. Selon le FT, elle émanait de Marsh & McLennan, pour 650 millions de livres.
Plus d'articles du même thème
-
Les régulateurs français et néerlandais dévoilent des propositions pour parvenir à la supervision centralisée
Dans le cadre du paquet de mesures dévoilées par la Commission européenne en décembre dernier, la surveillance centralisée est au cœur des débats. Pour réussir cette transformation, l’AMF et son homologue néerlandais (AFM) ont publié cinq recommandations. -
Alstom anticipe une accélération de sa dynamique commerciale
Alstom confirme ses objectifs annuels et anticipe une accélération de sa dynamique commerciale, malgré un repli des prises de commandes au premier trimestre. -
Ipsos abaisse ses prévisions de ventes en 2026
Malgré un rebond au deuxième trimestre, Ipsos révise à la baisse sa prévision de croissance organique pour 2026 autour de 2 %, tout en maintenant son objectif de marge opérationnelle.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot