L’Agefi : Pourquoi anticipez-vous une nouvelle année positive pour les marchés actions européens en 2026 ?
Mathieu Détouche : Après une année 2025 portée par les valorisations, 2026 devrait marquer le retour de la croissance des bénéfices (après trois ans de stagnation), soutenu par plusieurs moteurs : la normalisation macroéconomique, avec un moindre impact des tarifs douaniers et une stabilisation de l’euro/dollar, soulageant les secteurs exportateurs (luxe, automobile, chimie) ; la relance allemande, avec un soutien fiscal attendu pour relancer l’économie après trois ans de récession, au profit de la défense et de l’industrie ; le soutien de la BCE, avec la poursuite de l’assouplissement monétaire qui devrait favoriser un nouveau cycle d’investissement ; une potentielle réallocation des capitaux vers l’Europe face à une certaine défiance envers les actifs américains ; et des valorisations raisonnables, avec des multiples non excessifs au regard de la croissance attendue et par rapport aux actions américaines.
Quels sont néanmoins les principaux facteurs de risque à surveiller ?
La géopolitique reste une source de volatilité persistante pour des secteurs tels que la défense, les matières premières ou les semi-conducteurs. En matière d’intelligence artificielle, les investisseurs seront plus exigeants sur la monétisation réelle des investissements massifs annoncés en 2025. Enfin, subsiste un risque de pénalisation des actifs risqués si les déficits publics et l’endettement des Etats deviennent incontrôlables.
Le Brexit a cassé le monopole de la City, mais sans vraiment détrôner la capitale londonienne qui conserve une puissance globale au travers de certains marchés clés comme les changes ou les matières premières. Une tendance à la «reconvergence» avec l’UE se dessine.
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait.
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée.