Vincent Lecomte | BNP Paribas Wealth Management
Vincent Lecomte, BNP Paribas Wealth Management
A partir du 4 mai prochain, ce passionné de voile sera seul commandant du vaisseau amiral des banques privées françaises. Chez BNP Paribas depuis 18 ans, et après avoir codirigé la structure pendant plus de 8 ans, Vincent Lecomte a été nommé CEO de BNP Paribas Wealth Management. Son parcours résume, à lui seul, celui de la banque ces 20 dernières années.
Après des études classiques en école de commerce, il est recruté, comme beaucoup d’étudiants au milieu des années 1980, par le cabinet de consultants KPMG. Ce premier emploi sera peut-être prémonitoire, car, à l’époque, le cabinet est encore divisé entre KMG et Peat Marwick International. C’est là que Vincent Lecomte vivra sa première fusion. Il fait ses armes dans le conseil, pendant sept ans, en passant par Arthur Andersen, qui deviendra ensuite Accenture. C’est à cette époque qu’il est confronté pour la première fois à la gestion d’actifs, du côté audit, même si le métier d’alors n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui.
Classiquement, il est recruté par un de ses clients, Paribas, en 1992. Dans le nouveau groupe, il s’occupe des métiers des titres. Paribas reprend, en 1995, l’activité de conservation de JPMorgan en Europe. Vincent Lecomte participe, en gérant cette fusion, à la création de ce qui deviendra plus tard BNP Paribas Securities Services (BP2S). Il ne se frotte pas aux bureaux feutrés des banquiers privés de l’époque, mais à l’industrie lourde de l’administration de fonds. « La banque privée est une industrie, avec des ‘process’ très normés, tout en garantissant un niveau élevé de personnalisation pour le client. Les gens ont parfois tendance à l’oublier », déclare Vincent Lecomte. Après cela, il passe à la gestion d’actifs, un peu avant les années 2000, pour développer Fundquest, la plate-forme de sélection de fonds de la banque. Ensuite, il part cinq ans en Allemagne développer Consors.
A la fois d’une fidélité sans faille à l’entreprise, mais aussi en perpétuel mouvement. Certains pourraient trouver sa stabilité d’un autre temps. Il est rare aujourd’hui de ne pas changer de société, au gré des opportunités. Mais, dans la même structure, « c’était souvent des postes d’entrepreneur ou de développeur », rétorque-t-il. D’ailleurs, avant de codiriger la banque privée, l’intitulé de ses postes était souvent celui de chief operating officier (COO), autrement dit, directeur des opérations, chargé de gérer les changements. Encore une fois, sa passion pour la voile le rattrape. « Je suis à l’aise dans le gros temps. J’aime lorsque les choses bougent, lorsque seul le travail en équipe permet d’avancer. »
Ce n’est pas un hasard s’il se retrouve aujourd’hui à la tête de la banque privée. Le métier est en train d’évoluer, et c’est aujourd’hui que les structures doivent s’adapter. « La banque privée n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a encore dix ans », explique-t-il. La manière de gérer les équipes aussi a évolué. L’organisation de la structure qu’il dirige n’est plus monolithique, comme on pourrait se l’imaginer d’une banque privée. « Nous avons créé des équipes transversales et agiles qui agissent en mode projet. Nous devons pouvoir répondre rapidement aux nouvelles demandes des clients et leur proposer toujours plus d’innovations. »
En déplacement en Europe et en Asie près d’un tiers de son temps, Vincent Lecomte n’a pas de bureau attitré. « Nous avons, chez BNP Paribas Wealth Management, adopté le mode ‘flex’ », confie-t-il. Il compte bien donner l’exemple à ses équipes sur les nouvelles manières d’aborder le travail. Les collaborateurs veulent aujourd’hui pouvoir concilier les valeurs de leur entreprise avec leur vie personnelle. Ce que fait ce père de quatre enfants. « Lorsque je suis dans mon univers professionnel, je le suis à 100 %, mais lorsque je suis en famille, c’est la même chose », n’hésite-t-il pas à déclarer.
Malgré les difficultés éprouvées par certains acteurs de la place, la banque privée reste un métier en croissance. Mais cela implique que les structures soient à la fois solides et en perpétuel mouvement. Tout ce que Vincent Lecomte aime.
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