Standard Chartered scelle un premier accord avec les autorités américaines
Pour Standard Chartered, le prix de la tranquillité s'élève à 340 millions de dollars (276 millions d’euros). Huit jours après la mise en cause de l'établissement britannique dans le cadre d’une enquête portant sur la dissimulation supposée de quelque 250 milliards de dollars de transactions avec l’Iran, le groupe a scellé un accord de principe avec le Département des services financiers de l’Etat de New York (DFS). Il s’agit de la pénalité civile la plus importante jamais imposée par un régulateur américain dans une affaire de blanchiment d’argent.
Cette annonce a été perçue positivement par les investisseurs, le titre progressant mercredi de 4,12% à 1.426,5 pence. Le montant de l’amende paraît clément au regard des charges incriminées et des 500 millions de dollars que le DFS aurait, selon la presse, initialement réclamés. «Cela dit, la somme est tout de même substantielle et peut être interprétée comme une reconnaissance de culpabilité de la part de Standard Chartered», écrivent les analystes de CreditSights. Ces derniers soulignent par ailleurs que le communiqué du DFS indique que «les parties sont convenues que la conduite en cause implique des transactions d’au moins 250 milliards de dollars.» Un point qui était jusqu’alors farouchement contesté par Standard Chartered.
Mais cet accord à l’amiable supprime surtout le risque d’un retrait de la licence bancaire à New York. La capacité du groupe à traiter des paiements en dollar n’est également plus remise en cause. L’audition du directeur général de Standard Chartered, Peter Sands, prévue hier à Manhattan, et lors de laquelle devait être examinée cette éventualité, a été ajournée. «Il est impressionnant de voir comment [Standard Chartered] a été en mesure d’apporter si rapidement un premier réglement à cette situation», reconnaissent les analystes de Credit Suisse. Hormis l’amende, le groupe devra assurer une supervision des contrôles du risque de blanchiment d’argent pendant au moins deux ans.
Un premier réglement, car le dossier n’est pas encore clos. Il est entre les mains d’autres régulateurs: le Trésor américain, la Réserve fédérale, le département de la Justice et le procureur général de Manhattan. «On peut partir du principe qu’il y aura désormais un accord collectif», a déclaré un porte-parole de la banque. D’après Credit Suisse, la facture finale devrait être inférieure à 1 milliard de dollars.
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