Scor réassure une partie du risque de longévité d’Aegon

Le groupe français participe à un swap de longévité portant sur 1,4 milliard d’euros d’engagements, la deuxième opération du genre pour Aegon
Antoine Duroyon

Le marché des transferts du risque de longévité poursuit sa maturation. L’assureur néerlandais Aegon vient de couvrir 1,4 milliard d’euros d’engagements via un swap noué auprès de diverses contreparties, dont le réassureur français Scor. Sa filiale Scor Global Life joue un rôle prépondérant en réassurant 50% du risque résiduel de tendance.

Conclu pour 20 ans et entré en vigueur le 1er janvier dernier, le contrat prévoit une commutation de l’exposition résiduelle à la vingtième année du contrat, c’est-à-dire une reprise des risques par la compagnie cédante. La transaction a été arrangée par la Société Générale, tandis que la société RMS est intervenue pour la modélisation de la commutation.

A côté du buy-out (externalisation de la responsabilité des engagements) et du buy-in (transfert partiel en échange d’une prime), le swap constitue le troisième grand outil permettant de transférer des risques liés aux engagements de retraite. Ce mécanisme, rendu plus performant grâce à l’amélioration des techniques de modélisation, prend en compte les écarts entre mortalité espérée et mortalité réalisée au travers de versements périodiques effectués par les contreparties.

Alors que les régimes de retraite britanniques (BMW, Rolls-Royce, ITV) ont été précurseurs dans ce domaine, ces transactions gagnent l’Europe continentale. En janvier 2012, Aegon avait déjà signé un premier swap de longévité avec Deutsche Bank, portant sur 12 milliards d’euros. L’établissement allemand s’était lui-même tourné vers les marchés financiers (fonds alternatifs, fonds insurance linked securities ou ILS, etc.) pour titriser les risques transférés.

C’est d’ailleurs avec Deutsche Bank, fin 2011, que Scor a réalisé sa première transaction de réassurance du risque de longévité au Royaume-Uni. Elle portait sur un swap de 3 milliards de livres conclu entre la banque allemande et le fonds de pension de Rolls-Royce. Aujourd’hui, le groupe français entend «contribuer au développement du marché de la longévité aux Pays-Bas et dans d’autres pays cibles d’Europe continentale (…)», selon le directeur général de Scor Global Life, Gilles Meyer.

Au niveau mondial, l’exposition au risque de longévité (engagements retraite et annuités) est estimée entre 15.000 et 25.000 milliards de dollars. De quoi mobiliser les superviseurs internationaux (Comité de Bâle, Iosco, IAIS) qui viennent de clôturer une consultation publique sur ce sujet des transferts.

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