Sberbank tranche dans sa base de coûts pour doubler ses profits en 2018
Plus de 3.600 fermetures d’agences et 30.000 suppressions de postes. Une fois n’est pas coutume, cette annonce d’envergure ne provient pas d’une banque américaine mais de Sberbank. Le nouveau plan stratégique du premier prêteur russe, présenté hier, prévoit de réduire ses effectifs de 12% et ses points de ventes de 20% d’ici à fin 2018. Ces mesures font écho à l’appel du président russe Vladimir Poutine, qui presse les entreprises publiques d’améliorer leur efficacité en coupant dans leur base de coûts, après six trimestres de ralentissement économique.
Banque cotée encore contrôlée par l’Etat, Sberbank vise un coefficient d’exploitation (ratio des dépenses sur revenus) compris entre 40 et 43% d’ici à fin 2018, contre près de 46% au premier semestre 2013. Son plan précédent, lancé en 2008, prévoyait déjà un ratio de 40% d’ici à la fin de l’année 2013. Un objectif manqué, tout comme l’effectif cible qui devait atteindre entre 200.000 et 220.000 personnes, contre environ 250.000 actuellement. Les autres indicateurs ont été atteints ou dépassés, à l’exception des parts de marché dans certains pays d’Europe centrale (Ukraine, Bélarus et Kazakhstan) et d’indicateurs de qualité (systèmes d’information, risques).
Les nouvelles mesures d’économies, chiffrées à 100 milliards de roubles (2,3 milliards d’euros) doivent aider Sberbank à doubler son bénéfice net (370 milliards de roubles attendus cette année). Il compte aussi multiplier ses actifs par deux, après les avoir triplés depuis 2008. La moindre dynamique attendue résulte d’une croissance plus faible en Russie. Le pays prévoit désormais environ 2,5% de croissance annuelle de son PIB jusqu’en 2030 contre 4% auparavant, du fait notamment de la faiblesse des investissements.
Dans ce contexte, Sberbank anticipe une hausse des revenus du secteur bancaire russe de 10% en 2018, contre +13 à 15% attendus l’an prochain. L’établissement espère faire mieux que le marché, mais il veut aussi doubler les profits de ses filiales en Turquie, où il a racheté Denizbank à Dexia, et en Europe centrale et orientale où il a repris l’an dernier les réseaux de Volksbank International.
L’heure n’est toutefois plus à la croissance externe pour le groupe, qui réalise 7% de ses profits à l’étranger. Enfin, Sberbank vise un rendement des fonds propres de 18% à 20% en 2018, moins que les 20,8% atteints à fin juin.
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