OnVista continue de peser sur Boursorama
Début 2010, Boursorama faisait de la banque en ligne une priorité, afin de réduire sa dépendance à l’égard du courtage, son activité historique. Déjà observé en 2009, la tendance s’est confirmée l’année suivante: en France, le produit net bancaire (PNB) de Boursorama Banque – en progression de 2% à 79,7 millions d’euros – a accentué son avance sur celui du courtage (qui stagne à 74 millions), pendant que les revenus publicitaires liés au portail internet progressent de 14% à 11,5 millions. Mais au niveau du groupe, le courtage domine encore (94 contre 91 millions). Sur l’année, le PNB global retrouve une légère croissance (+2% à 204 millions).
Mais depuis plusieurs années, Boursorama subit les conséquences de l’acquisition de l’allemand OnVista, réalisée en haut de cycle en 2007: comme annoncé le 9 février, la filiale de la Société Générale a passé dans ses comptes une dépréciation de survaleur de 29,8 millions d’euros. En 2009, une écriture de 11 millions avait déjà été comptabilisée.
Cette présence outre-Rhin a occasionné d’autres charges non récurrentes, liées à un redressement fiscal et à l’intégration du portefeuille de Nordnet. En France cette fois, le coût net du risque a progressé de 56% (à 2,6 millions), du fait d’une fraude à la carte bleue, qui a nécessité une provision d’environ 650.000 euros.
C’est donc sans surprise que Boursorama publie un bénéfice annuel de seulement 7,6 millions d’euros, contre 48,7 millions un an plus tôt. Hors exceptionnel, le résultat net reste en recul. Ceci en raison d’une hausse de 50% des dépenses marketing (à 28,4 millions). Cette politique porte ses fruits puisque Boursorama France a doublé ses ouvertures de comptes courants à 60.700 – portant le total à 160.000, pour un encours de 541 millions (+29%). Elle sera poursuivie en 2011. Le crédit immobilier, qui a vu sa production bondir de 84% à 325 millions, devrait à ce titre constituer un relai de croissance intéressant.
A l’international, Inès-Claire Mercereau, nouveau PDG de Boursorama après le départ impromptu d’Hugues Le Bret, est plus mesurée: «Notre ambition n’est pas nécessairement de répliquer systématiquement le modèle français. Nous allons nous appuyer sur nos atouts locaux». Toutefois, Boursorama espère obtenir sa licence bancaire au Royaume-Uni d’ici à la fin de l’année et mise en Espagne sur l’ouverture de comptes d’épargne (qui ont doublé en 2010) pour compenser un courtage en berne.
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