Natixis joue la prudence pour l’introdution en Bourse de Coface
La fourchette de valorisation proposée par la banque se situe au bas des estimations des analystes. L’importance du flottant représente un atout
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Antoine Landrot
Pour l’introduction en Bourse de sa filiale Coface, Natixis joue la prudence. La banque a fixé une fourchette indicative de prix comprise entre 9,6 et 11,2 euros par action, pour quasiment 80 millions de titres. Le montant médian de l’opération devrait ressortir à 831,9 millions d’euros. L’option de surallocation représentera au maximum 15% de la taille de l’offre.
Natixis valorise donc l’assureur-crédit entre 1,52 et 1,77 milliard. Ces montants paraissent raisonnables face aux estimations réalisées par les banques participant à l’opération (dont les coordinateurs mondiaux sont JPMorgan et Natixis). L’analyste de... Natixis avait par exemple retenu une fourchette de 1,54 à 1,84 milliard d’euros, quand Exane BNP Paribas valorisait l’assureur-crédit entre 1,46 et 2 milliards.
Selon les termes de l’opération, la Coface capitaliserait entre 0,83 fois et 0,96 fois ses fonds propres. C’est nettement moins que son rival et plus proche comparable boursier Euler Hermes, dont le ratio atteint 1,45. Un écart que d’aucuns jugent justifié: le rendement des fonds propres affiché par Coface est inférieur à celui de son concurrent (7,1% contre 13,1% en 2013), tandis que les ratios combinés présentent aussi un écart significatif (82,5% contre 75,3%). «Retenir un multiple sur fonds propres proche de celui d’Euler Hermes aurait semblé injustifié pour Coface. Le fait que la valorisation fixée in fine par la direction se situe en bas des fourchettes des analystes est un bon signe pour le succès de l’introduction en Bourse», estime Maxime Dupuis, analyste chez Oddo Securities.
Cette «décote» est en phase avec le statut de Coface vis-à-vis de son concurrent, sur lequel les investisseurs pourraient justement parier: celui du challenger. Avec 14% de part de marché estimée (contre 23% pour Euler Hermes), la filiale de Natixis a présenté un plan 2016 ambitieux: elle entend par exemple descendre son ratio combiné à 75% et afficher un rendement moyen des fonds propres tangibles de 12% (contre 9,4% au 31 mars 2014). «A fonds propres constants, cela exigerait une croissance annuelle moyenne de son résultat net de 20% par an…», remarque un analyste.
Coface devrait bénéficier d’un autre facteur différenciant: avec un flottant représentant 50,5% de son capital (58,1% en cas d’exercice intégral de l’option), la valeur présente une liquidité bien supérieure à celle de son rival, dont le flottant atteint 23%. Un atout non négligeable dans un secteur de niche.
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