Morgan Stanley ouvre la voie de l’indépendance à sa filiale de trading pour compte propre
La règle Volcker, qui vise à encadrer plus sévèrement les activités de trading pour compte propre des établissements bancaires et à limiter la taille de leurs investissements dans les fonds alternatifs ou de private equity, continue de mobiliser les grands noms de Wall Street. Alors que Citigroup, Goldman Sachs ou JPMorgan ont tous dévoilé des plans visant à liquider leur «prop trading desk», Morgan Stanley en fait de même, bien que la banque ait déjà fermé ses quatre desks de trading crédit.
La banque d’investissement a fait part lundi du projet de scission de son activité de trading actions pour compte propre, baptisée «Process Driven Trading». Fin 2012, elle prendra son indépendance, sous le nom de PDT Advisers, grâce à l’implication financière des salariés. L’ensemble de l'équipe, composée de soixante collaborateurs et dirigée par Peter Muller, rejoindra la nouvelle entité. Durant cette période de transition de deux ans, la filiale restera dans le giron de Morgan Stanley et continuera à réaliser des investissements avec les fonds de la banque. Dans le même temps, elle développera son activité en s’ouvrant à des investisseurs tiers.
Les relations devraient rester étroites puisque Morgan Stanley disposera d’une option pour acquérir une participation privilégiée dans la nouvelle structure. «Désormais, cela ne sera plus une relation parent-enfant, mais cela pourrait devenir une relation fraternelle», décrypte Brad Hintz, analyste chez Sanford Bernstein. «Morgan Stanley est le perdant dans cette affaire, mais ce n’est pas un perdant à 100%», ajoute-t-il.
Bien qu’elle ne précipite pas la rupture en ménageant une période de transition, cette annonce constitue un tournant dans l’histoire de la banque américaine. Son activité de trading pour compte propre dégageait un quart des bénéfices de l'établissement au tournant des années 2000. En 2007, toutefois, elle est à l’origine d’une perte au quatrième trimestre, la banque devant déprécier 9,4 milliards de dollars de créances hypothécaires. En dépit de cet accroc, la filiale est parvenue depuis sa création en 1993 à dégager un rendement positif chaque année, y compris en 2007, rapportent deux bons connaisseurs de Morgan Stanley cités par Bloomberg. Mais face à la pression réglementaire, l'âge d’or du trading pour compte propre appartient désormais au passé.
Plus d'articles du même thème
-
Charles Ruelle (Sezame) : « Le leasing immobilier soutient l'accession à la propriété »
Sezame, un spécialiste de l'immobilier, a lancé le concept de leasing immobilier. A l'occasion de Patrimonia, il lance un club deal à destination des CGP et de leurs clients. -
A Patrimonia, les associations caritatives cherchent aussi à collecter
Le salon qui réunit les professionnels de la gestion de patrimoine est aussi l'occasion pour les ONG et associations de se faire connaître et de sensibiliser les CGP en faveur des dons. -
Discret champion du midmarket américain, Audax boucle son plus gros fonds de dette
Audax Private Debt a clôturé son troisième fonds de direct lending à son plafond de 5,4 milliards de dollars, aboutissant à une puissance de frappe totale de 10 milliards.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
Des autos cousues main
L’automobile est, par définition, un objet industriel et standardisé. Pourtant, pour se démarquer, certains constructeurs remettent la main de l’artisan au cœur de la machine. -
Flacons d’exception
Décorés de pierres précieuses, façonnés de matières rares, gansés de cuir ou imaginés par des architectes de renom, ces chefs-d’œuvre se prêtent à toutes les audaces. -
Pourquoi Bruno Retailleau veut interdire LFI
En quête de visibilité et alors que s'amorcent des débats budgétaires minés pour LR, le candidat hausse le ton contre Jean-Luc Mélenchon