Michel Barnier fixe à fin 2012 la limite de la migration pour les virements Sepa
Bruxelles a déclenché hier le compte à rebours avant la migration complète vers les services paneuropéens du Sepa, l’Espace unique européen des paiements. Fin 2012, les systèmes de virement nationaux devront disparaître au profit du service lancé en janvier 2008 selon les standards élaborés par le Conseil européen des paiements (EPC). Pour les prélèvements, lancés il y a un an, la bascule est fixée à fin 2013. La Commission, qui a longtemps hésité avant d’imposer des dates impératives, justifie sa décision par le «manque de sécurité juridique» induit par la lenteur de la migration et les «coûts supplémentaires» engendrés par la cohabitation de différents services de paiement, nationaux et paneuropéens.
Le règlement présenté hier, et qui doit encore être approuvé par le Parlement et les ministres des Finances, apporte également des changements aux standards élaborés par l’EPC. Il fait une croix sur les commissions d’interchange versées au titre des prélèvements automatiques, lesquelles existent en France, en Espagne, en Suède, en Belgique, au Portugal et en Italie. «Leur interdiction accroîtra la transparence sur les coûts du système de prélèvement», estime la Commission. Celle-ci renforce également les moyens dont disposent les titulaires de compte pour bloquer les prélèvements de certains créanciers ou d’en plafonner les montants. «Les règles préventives introduites par la Commission vont permettre de renforcer le contrôle des clients sur les prélèvements opérés sur leur compte», estime un expert du Bureau des unions de consommateurs.
Moins de 10% des virements en Europe se font actuellement aux standards Sepa. Les experts estiment qu’il aurait fallu encore au moins «quinze à vingt ans» pour que la migration s’opère «naturellement». «Cette inertie risque de réduire fortement les avantages potentiels directs et indirects du Sepa pour l'économie européenne au sens large», note la Commission dans le règlement présenté hier.
Le commissaire en charge du Marché intérieur a estimé hier que la migration amènerait «plus de transparence et de concurrence» et annoncé qu’il ferait le point courant 2011 sur les frais bancaires. «Si nous n’obtenons pas des réponses claires et précises sur la transparence [des frais] contractuellement, nous l’exigerons par la législation», a-t-il dit. Ni l’EPC, ni la Fédération des banques européennes n’avaient encore réagi hier après-midi à la publication du règlement Sepa.
Plus d'articles du même thème
-
Horse Powertrain prévoit de s’implanter sur le marché indien
La coentreprise entre Renault et Geely veut tirer parti d’un assouplissement fiscal destiné à favoriser la vente de véhicules compacts dans le pays le plus peuplé du monde. -
Les entreprises s'organisent pour passer de l’expérimentation de l’IA à l’industrialisation
Evaluer la maturité de l’entreprise, construire une gouvernance IA solide, s’appuyer sur un conseil d’administration éclairé constituent des gages de la réussite. -
La BCE devrait encore donner sa chance à une désescalade
Après leurs discours très restrictifs du mois de mars, une majorité de gouverneurs ont communiqué dans le sens d’un statu quo pour la réunion monétaire du 30 avril. Même si l’annonce d’un cessez-le-feu n’a toujours pas permis de débloquer le détroit d’Ormuz et de diminuer les prix du pétrole.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Un fauteuil pour deuxFrançois Hollande ou Raphaël Glucksmann, le dilemme qui monte au PS
Ce lundi, le leader de Place publique doit rencontrer Olivier Faure avec une question simple en tête : à qui ira sa préférence pour la présidentielle ? D’un côté, un ancien président contre lequel le PS d’après 2017 s’est reconstruit. De l’autre, un leader fort de son score aux européennes, mais toujours pas socialiste d’appellation contrôlée -
Tout compte faitCAN, Coupe du monde de football : qu'y a-t-il derrière les projets vitrines du Maroc ?
L'Etat marocain voit ces grands événements comme des accélérateurs de développement. Mais il faudra encore prouver qu'ils répondent aux besoins du pays, après les grandes manifestations de la Gen Z 212 en octobre. -
EditorialLe livre et la lecture, un paradoxe français
L'effondrement de la lecture chez les jeunes n’est pas le moindre des paradoxes, dans un pays où le livre est à ce point fétichisé dans le monde politico-médiatique