Maximilien Nayaradou (Finance innovation) : «Les assurtechs prennent confiance»
L’Agefi : Comment analysez-vous le dynamisme de l’écosystème des fintechs en France en 2021 ?
Maximilien Nayaradou : 2021 a été une année marquée par une augmentation significative des levées de fonds tant au niveau de la moyenne que des maximums. Les assurtechs et les fintechs qui avaient déjà fait de grosses levées les ont complétées, à l’image d’Alan ou de Shift Technology par exemple, et ont confirmé leur statut de licorne. Pour les acteurs de plus petites tailles, nous observons une augmentation du volume moyen d’argent levé, grâce aux investisseurs français mais aussi aux investisseurs étrangers qui mettent sur la table des tickets importants.
Cette dynamique se poursuivra-t-elle en 2022 ?
A court terme, deux phénomènes opposés s’affrontent. Si la hausse des taux d’intérêt se confirme, le private equity pourrait diminuer la voilure. Néanmoins, un effet d’entraînement pourrait jouer dans le sens inverse et soutenir la dynamique. Les fonds se rendent par ailleurs compte de la performance des fintechs. La tech, au global, est un bien d’expérience : les investisseurs peuvent craindre le risque quand ils ne connaissent pas, mais ils se rendent compte des gains une fois les premiers investissements réalisés. D’autant que le marché montre aussi les opportunités de sortie et souligne la rentabilité pour les investisseurs. Finalement, 2022 ne devrait pas trop souffrir des effets macroéconomiques et confirmer la tendance de 2021.
Avec déjà six levées de fonds en 2022, les assurtechs tricolores accélèrent. Qu’est-ce qui a changé pour ces acteurs ?
Les assurtechs ont toujours été actives en France mais réalisaient jusqu’ici des levées de fonds moins importantes. En 2021, les levées de fonds atteignaient une moyenne de 5,9 millions d’euros, sans prendre en compte celles d’Alan et Shift Technology. De fait, cette augmentation profite aussi aux assurtechs. En outre, cela témoigne que le marché se structure et que les investisseurs ne craignent plus de se positionner sur des petites levées. Ces jeunes pousses intéressent aussi davantage les gens avec de plus en plus d’entre elles qui se positionnent directement auprès des assurés. Les assurtechs prennent confiance et même le régulateur leur accorde plus d’intérêt : après Alan et Seyna, Acheel et Mila ont obtenu leur agrément en 2021 auprès de l’ACPR.
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