Londres va rompre ses liens avec RBS malgré la perspective d’une perte
Lors de son traditionnel discours de Mansion House sur l'état de l'économie britannique, George Osborne a estimé que cette décision de rendre à RBS son indépendance était «la meilleure chose à faire pour les entreprises et les contribuables britanniques». Quatrième banque britannique en termes de capitalisation boursière, RBS a été sauvée de la faillite lors de la crise financière par l’ancien gouvernement de Gordon Brown.
La facture du renflouement a totalisé 45,8 milliards de livres, laissant le gouvernement avec une participation de 80%. Au cours actuel, Rotschild estime à 7,2 milliards de livres la perte liée à la cession de sa participation dans RBS. L’opération devrait prendre «plusieurs années» et impliquer «tous types d’investisseurs». Mais des opérations du même ordre concernant d’autres établissements secourus par le contribuable (Lloyds, Northern Rock, Bradford & Bingley...) devraient permettre à Londres d’espérer un profit global de plus de 14 milliards de livres.
Cette décision constitue un revirement pour George Osborne. Il y a encore quelques mois, le responsable politique estimait qu’il serait difficile de le convaindre de vendre les titres RBS à perte. La victoire complète des conservateurs lors des dernières élections britanniques a changé la donne. «Nous pourrions obtenir un prix plus bas que celui versé par le parti travailliste, a prévenu hier George Osborne. Mais plus nous attendons, plus le prix sera élevé pour l’ensemble de l'économie». L’action RBS a clôturé hier à 351 pence, largement en-deçà de la moyenne de 502 pence supportée par le gouvernement.
Une large partie du discours de George Osborne a été consacrée à la question des relations du Royaume-Uni avec ses partenaires européens, alors qu’un référendum sur son maintien dans l’UE doit avoir lieu avant la fin de 2017. «Les principes que nous voulons fixer dans cette renégociation sont simples : que l'équité soit gravée dans le marbre entre ceux qui sont dans l’euro et ceux qui ne le sont pas, et que l’intégrité du marché unique soit préservée», a déclaré George Osborne. Le pays entend ainsi se prémunir contre le risque que l’intégration européenne croissante ne le mette en marge des décisions de politique financière.
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