L’Irlande lance la liquidation d’Anglo Irish Bank
Anglo Irish Bank et Irish Nationwide Building Society (INBS) vont être démembrées. Les autorités irlandaises ont lancé hier le processus de restructuration des deux établissements, qui passera par une mise en vente de leurs dépôts et actifs pour un montant équivalent. Le plan a été soumis pour approbation le 31 janvier à la Commission européenne, et résulte du paquet de 85 milliards d’euros apporté au pays par ses partenaires européens et par le FMI.
L’agence de gestion de la dette irlandaise «lancera immédiatement une procédure d’enchères pour inviter les établissements financiers intéressés et dûment enregistrés à soumettre des offres pour les dépôts d’Anglo et d’INBS», a-t-elle indiqué le 8 février dans un communiqué. «Cette procédure sera conclue dans les prochaines semaines», a précisé le ministère des Finances irlandais. Les autorités vont ensuite fusionner les deux établissements. Elles chercheront à liquider dans les meilleures conditions, «sur plusieurs années», les actifs qui n’auraient pas été repris avec les dépôts des banques ou qui n’auraient pas été transférés à la structure publique de défaisance en charge des créances toxiques du secteur, la Nama.
Difficile donc de dire à ce stade combien coûtera l’assainissement du secteur bancaire irlandais. Seule certitude: Anglo Irish battra en 2010 le triste record qu’elle avait établi l’année précédente, celui de la plus grosse perte d’une entreprise irlandaise. La banque s’attend à une perte avant impôt de 17,6 milliards d’euros au titre de l’exercice écoulé, après un trou de 12,9 milliards en 2009. Des moins-values de 11,5 milliards liées aux transferts de prêts à la Nama, et des dépréciations de 7,8 milliards sur d’autres actifs en portefeuille, expliquent ce gouffre. L’établissement a déjà été recapitalisé à hauteur de 29,3 milliards.
Anglo Irish a aussi vu s’évaporer en 2010 l’équivalent de 59% de sa base de dépôts, soit 16 milliards. Sa dépendance au financement de la banque centrale est passé de 23,7 à 45 milliards entre fin 2009 et fin 2010. Le prêteur a notamment tiré à hauteur de 28 milliards sur la ligne de liquidité d’urgence mise en place par la banque centrale irlandaise et qui sort du cadre BCE.
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