L’information financière des assureurs européens reste perfectible

Mazars a scruté les rapports annuels de treize acteurs, notamment la comptabilisation des écarts d’acquisition et des dépréciations d’actifs financiers
Benoît Menou
Mazars a passé à la loupe les rapports annuels, photo: PHB/Agefi
Mazars a passé à la loupe les rapports annuels, photo: PHB/Agefi  - 

L’information financière est bien loin d’être un exercice figé. Pour les assureurs européens particulièrement, qui doivent adapter leur communication au gré de courants contraires dans un environnement réglementaire et opérationnel mouvant. Mazars a ainsi passé à la loupe les rapports annuels (à fin 2009) d’un panel de treize assureurs et réassureurs de référence (dont les français Axa, Scor, CNP Assurances, Groupama), dans le but d’évaluer la pertinence de l’information communiquée quant aux «sujets sensibles» actuels. Cela au regard d’attentes renforcées de la part des analystes et des investisseurs sur la lisibilité des bilans.

Etant donné le «contexte de crise économique persistante» et cette «incertitude autour des différentes refontes réglementaires», le constat reste encourageant sur la volonté des acteurs, quand bien même «la lecture des états financiers est de plus en plus complexe».

Il en est ainsi de la communication relative aux écarts d’acquisition, à travers l’application de la norme IAS 36. Mazars souligne que la vague d’acquisitions des années précrise a correspondu au sein du panel étudié à une hausse de 40% de ce goodwill entre 2005 et 2009, tandis que les fonds propres n’augmentaient «que» de 11%. Or, les perspectives dégradées ont entraîné des charges de dépréciation de 645 millions d’euros l’an passé, contre 348 millions en 2008. Selon l'étude, «les assureurs étudiés respectent dans les grandes lignes les exigences de la norme». Neuf d’entre eux par exemple fournissent la ventilation du goodwill par unité génératrice de trésorerie. Mais «la qualité et la précision des informations restent hétérogènes». Il reste notamment «extrêmement difficile» d’apprécier les marges de manœuvre sur les tests de dépréciation. Et certaines recommandations de l’AMF n’«ont pas encore été totalement suivies».

Le constat est plus nuancé encore concernant la dépréciation des actifs financiers, du fait certes de «la grande place à l’interprétation» octroyée par la norme IAS 39 qui rend la comparaison entre groupes difficile. La marge de solvabilité, entre autres, fait elle aussi l’objet d’une attention particulière. Mazars regrette ici encore un niveau d’information «hétérogène» ainsi qu’une timide communication sur les futures exigences de capital selon Solvabilité 2.

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