L'éventualité d’une cession d’Emporiki refait surface
Le Crédit Agricole se prépare-t-il à solder l’aventure Emporiki en Grèce, qui lui a coûté plus de 5 milliards d’euros depuis 2006 ? Selon le Financial Times (FT), la banque verte a invité début juin les candidats intéressés par une participation majoritaire à se manifester. Un appel lancé au moment où les craintes d’une ruée bancaire se renforçaient dans le pays. Les épargnants grecs ont retiré plus de 10 milliards d’euros en amont des élections législatives, 2 milliards d’euros seraient retournés depuis cette échéance.
La filiale grecque du Crédit Agricole a éveillé l’intérêt de trois grands noms du secteur : National Bank of Greece, Alpha Bank et Eurobank EFG. Ces trois établissements seraient prêts à abattre leurs cartes pour Emporiki. A une condition toutefois : que le Fonds hellénique de stabilité financière (HFSF) donne son feu vert. Les prétendants auraient déjà demandé au HFSF la permission d’utiliser une partie des 18 milliards d’euros accordés aux quatre premiers prêteurs du pays en mai. Ces fonds ont été alloués pour qu’ils puissent porter leur ratio d’adéquation des fonds propres à 8% et accéder de nouveau au financement de la Banque centrale européenne. Le HFSF devrait discuter dans les prochains jours des détails des offres avec les candidats potentiels, a précisé au FT l’une des sources interrogées.
Le Crédit Agricole pourrait donc être amené à prendre une mesure drastique pour réduire son exposition à la Grèce. Il y a quelques semaines, il avait déjà pris une décision ouvrant potentiellement la voie à une cession, avec la reprise dans son giron des filiales balkaniques d’Emporiki (Roumanie, Bulgarie, Albanie). Ce n’est pas la première fois qu’un tel projet est évoqué; Alpha Bank avait démenti le mois dernier négocier une entrée au capital d’Emporiki.
Dans un autre dossier de cession d’actif, portant cette fois sur le courtier Cheuvreux (lire page 17), plusieurs sources ont confirmé à L’Agefi des discussions avec deux ou trois candidats possibles, dont le courtier Kepler Capital Markets. L’avenir de la filiale de courtage s’est obscurci en mars dernier après la décision du courtier chinois Citic Securities de renoncer à prendre 20% du capital.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
ReprésaillesRetrait de troupes américaines d'Allemagne : pourquoi la menace de Trump n'inquiète pas tant Berlin
Le président américain a affirmé samedi que le nombre serait bien supérieur aux 5 000 soldats évoqués par le Pentagone -
Chair de pouleDans le Pas-de-Calais, un projet d'élevage de poulets label rouge déchaîne les passions
C'est un de nos paradoxes. Quoique la France importe la moitié des poulets qu'elle consomme, les projets d'implantation d'élevages locaux, même de petite taille, se heurtent à des oppositions sociétales farouches -
CashOlivier Faron : « Une hausse raisonnable des frais d’inscription est nécessaire pour tous les étudiants »
Le conseiller du Medef prend position dans le débat ouvert sur le financement de l’enseignement supérieur public