L’Europe relance ses tests de résistance

Le choix des présidents des trois autorités de supervision est en revanche déjà critiqué
Florence Autret, à Bruxelles

Les autorités de supervision sectorielles européennes ont officialisé hier le lancement de nouveaux tests de résistance pour les banques et les assureurs. En revanche, à peine connus, les noms de leurs trois présidents suscitent des réserves parmi les eurodéputés. La Commission et les autorités nationales, qui étaient chargées de choisir entre 300 candidats, ont privilégié des profils de techniciens. Le commissaire Michel Barnier a déjà dû justifier ce choix face aux députés qui devront auditionner les trois présidents en février.

Les trois présidents des autorités de supervision sectorielles européennes, sitôt connus, suscitent des réserves parmi les députés européens. Après avoir exprimé leur «surprise et (leur) déception» et demandé la réouverture de la procédure, les députés se sont ensuite rétractés.

«Il est frappant de noter que seulement très peu de candidats que vous avez vus peuvent être considérés comme de haut niveau», a écrit lundi la présidente de la commissaire des Affaires économiques et monétaires à Michel Barnier. Sharon Bowles demandait la réouverture de la procédure de sélection jusqu’au 1er février. Cette démarche n’a finalement pas empêché les nominations des trois autorités européennes pour cinq ans, mais elle souligne la défiance des législateurs.

Jeudi, l’autorité des marchés (ESMA) a annoncé la nomination à sa présidence du directeur en charge de la supervision à l’autorité néerlandaise, Steven Maijoor. Son homologue à l’EBA, l’autorité des banques, sera Andrea Enria, actuel numéro 2 de Mario Draghi à la Banque d’Italie. Gabriel Bernardino, directeur général du régulateur espagnol reste à la tête de l’autorité européenne des assurances et des institutions de retraite professionnelle (EIOPA).

La Commission européenne avait soumis aux conseils d’administration des autorités européennes, où siègent les régulateurs nationaux des «short lists» ne comportant parfois… qu’un seul nom par poste. «Ce sont de «très très courtes listes»», a regretté l’eurodéputé conservatrice Vicky Ford pour qui les présidents auraient dû «être aussi bons que le meilleur des Vingt-Sept régulateurs nationaux, pas le plus petit dénominateur commun». «Manifestement, il est difficile de faire émerger des personnalités européennes fortes», a déploré l’eurodéputé Sylvie Goulard du groupe ADLE (libéraux), soulignant que le Parlement userait «de façon constructive» de son pouvoir de veto lors des auditions. Le niveau des rémunérations proposées et les négociations en cours pour les nominations à la Banque centrale européenne auraient interféré avec le processus de sélection.

La poursuite de stress tests au premier semestre, tant dans le secteur bancaire que de l’assurance, sera un premier test… pour les autorités. «Quand il s’agira par exemple de dire à un «grand» Etat que son secteur bancaire ne fonctionne pas, il faudra de l’autorité, de l’indépendance et beaucoup de courage», explique Sylvie Goulard. L’EBA entend également lancer une «revue des risques de financement de la liquidité» établissement par établissement. Le commissaire en charge des Affaires économiques Olli Rehn a laissé entendre cette semaine que ces nouveaux tests déboucheraient sur des «restructurations» et des «recapitalisations».

Les autorités doivent encore nommer leurs directeurs exécutifs. Le directeur délégué de l’Autorité des marchés financiers Xavier Tessier est en concurrence pour ce poste à l’ESMA avec son homologue britannique de la FSA.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...