L’Europe durcit le scénario macroéconomique de ses tests de résistance
Née le 1er janvier 2011, l’Autorité bancaire européenne (EBA) est chargée cette année de coordonner la troisième édition des tests de résistance bancaire. L’établissement s’est basée sur un scénario s’appuyant sur une série de chocs européens et notamment la poursuite de la crise de la dette souveraine, une demande négative en provenance des Etats-Unis mais aussi une dépréciation du dollar face aux autres devises.
S’appuyant sur les principaux indicateurs macroéconomiques, les nouveaux stress tests, qui couvrent la période 2011-2012, envisagent une chute de 0,4% du PIB de l’Union européenne pour 2011 et une croissance nulle l’année suivante, comparées respectivement à des pronostics de croissance de 1,7% en 2011, et de 2% en 2012, établis par la Commission européenne à l’automne 2010. Un scénario beaucoup plus strict que l’an dernier, avec une probabilité de matérialisation de 1 tous les 33 ans, comparé à 1 tous les 20 ans pour les années précédentes.
Ces nouveaux stress tests, appliqués à un échantillon de banques couvrant 60% du total des actifs bancaires en Europe, prévoient aussi dans un scénario de crise un élargissement des spreads de crédit par rapport aux obligations à 10 ans de 75 points de base (à comparer à un spread de 185 points de base la fin de l’année 2010), soit une augmentation moyenne de 40%.
S’agissant de la dette souveraine, un choc sur les rendements sera testé pour les portefeuilles de trading. Mais, comme l’an dernier, aucun test n’est prévu sur la dette détenue dans les portefeuilles bancaires, et l’hypothèse d’une restructuration ou d’un défaut est exclue.
Le risque de liquidité n’est pas non plus pris en considération dans cet exercice et fera l’objet d’une évaluation spécifique, destinée uniquement à des fins de supervision. Une inconnue demeure aussi sur les critères de solvabilité des établissements financiers européens: l’EBA travaille actuellement à définir avec précision les contours du ratio core tier one, préféré au tier one utilisé l’année dernière, et qui sera appliqué de manière cohérente au travers de l’ensemble de l’Union européenne. Les banques, qui ont démarré cet exercice le 4 mars dernier, devront ensuite soumettre leurs résultats à leur autorité de supervision respective. A leur tour, ces autorités devront remettre les résultats de ces stress tests à l’Autorité bancaire européenne d’ici au 29 avril. La publication des résultats est attendue pour le mois de juin prochain.
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