Les instituts de prévoyance défendent leur poids dans la santé collective
A six mois de l’application de la directive Solvabilité 2 et de la mise en place de l’ANI (Accord national interprofessionnel) de 2013 relatif à la sécurisation de l’emploi, le milieu assurantiel est en ébullition. La concurrence est rude entre les différentes entités qui doivent se partager le marché de la complémentaire santé collective, alors que «25% des salariés du privé ne sont toujours pas couverts par de tels contrats», rappelle Jean Paul Lacam, délégué général du Centre technique des instituts de prévoyance. Le CTIP présentait hier les résultats du secteur.
Les groupes paritaires combinés affichent un chiffre d’affaires global en hausse de 9,1% de 2013 à 2014, atteignant ainsi les 27,4 milliards d’euros tout en présentant un résultat net en baisse de 17%. Au sein de ces groupes combinés, l’activité complémentaire santé, en très grande majorité collective, génère à elle seule 10 milliards d’euros, dont 6,6 milliards dus aux instituts de prévoyance.
Les 42 IP adhérents au CTIP couvrent en effet 7,2 millions de salariés au titre d’une complémentaire santé collective, soit à peu près 36% du marché national. Mais bien que représentant 46,5% de l’activité 2014, les cotisations santé n’ont augmenté que de 1,3% par rapport à 2013 pour des prestations à peu près stables. «L’activité en complémentaire santé croît modérément. Nous sommes dans une phase de sécurisation de notre part de marché face à une concurrence agressive», explique Bertrand Boivin-Champeaux, directeur prévoyance et retraite supplémentaire au sein du CTIP.
La situation est d’autant plus difficile que la branche complémentaire santé collective est actuellement en déficit technique, la charge des prestations (frais de gestion compris) étant supérieure aux cotisations prélevées et ce depuis mi-2009. Selon le CTIP, l’activité serait cyclique sur des périodes de cinq ans et par conséquent l’activité devrait redevenir excédentaire vers 2015 ou 2016. Les IP ont cependant une très bonne couverture de la marge de solvabilité qui leur est imposée, ils couvrent ainsi 6 fois les critères de solvabilité 1 et 2,5 fois ceux de solvabilité 2.
«La situation devrait s’arranger prochainement, beaucoup d’entreprises attendant une clarification réglementaire, actuellement en cours, pour souscrire à un produit durant le dernier trimestre de l’année», prédit Jean Paul Lacam.
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