Les fonds de pension à la française peinent à décoller
Plus qu’un an avant que la porte ne se referme. Les prétendants à la création d’un fonds de retraite professionnelle supplémentaire (FRPS), qui résulte de la transposition de la Directive européenne sur les Institutions de Retraite Professionnelle (IORP, Institutions For Occupational Retirement Provision), peuvent encore créer leur «fonds de pension à la française» jusqu’au 31 décembre 2022.
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a pour le moment accordé dix agréments à Allianz Retraite, Aviva Retraite Professionnelle, Axa Retraite Entreprise, Institution de Retraite professionnelle supplémentaire Austerlitz, Malakoff Humanis Retraite supplémentaire, Mutuelle des Entreprises des Indépendants du Commerce et de l’Industrie et des Services (MEDICIS), Retraite supplémentaire Banque Populaire, Société d’Assurance de Consolidation des Retraites de l’Assurance (SACRA), CPCEA Retraite supplémentaire (groupe Agrica) et Apicil Épargne Retraite.
Coût de mise en place élevé
Les institutions qui ont sauté le pas se sont pour la plupart décidées après l’assouplissement des règles accordé par Bercy en 2019, mais l’engouement n’est pas massif. Le processus demande en effet de piloter un projet au long cours et a «un coût, qu’Aviva estime à environ 2.500 jours/homme sur un an et qu’Allianz chiffre en millions d’euros», selon le cabinet spécialisé Seabird. Il implique également de cantonner les actifs dédiés à la retraite, sans léser ni le FRPS ni la société d’assurance. Ces considérations ont longtemps freiné des acteurs comme AG2R La Mondiale, refroidi par la démutualisation de l’actif général qu’implique le cantonnement. L’assureur a toutefois changé d’avis et a déposé un pré-dossier auprès de l’ACPR.
D’autres vocations pourront encore survenir avec l’obligation de cantonnement comptable des actifs représentant les engagements d'épargne retraite, prévue par la loi Pacte, qui deviendra effective à partir du 1er janvier 2023. Et d’autres FRPS, aujourd’hui en cours d’agrément, devraient voir le jour dans les prochains mois.
Plus d'articles du même thème
-
Le déploiement du fonds Scaleup Europe démarre tambour battant
Après deux premiers investissements dans le « new space », le fonds géré par EQT pour le compte notamment de la Commission européenne soutient Tandem Health pour accélérer l'adoption de l'IA dans les systèmes de santé européens. -
L’ex-patron de CPP Investments lève un fonds IA de 525 millions de dollars
Ancien dirigeant du fonds de pension canadien, Mark Machin, qui a lancé Intrepid Growth Partners, boucle un premier véhicule dédié à des investissements dans le growth. Neuf opérations ont déjà été réalisées. -
Stéphane Boujnah ouvre la porte à un rapprochement entre Euronext et Deutsche Börse
Le dirigeant de l’opérateur boursier européen estime qu’une telle opération ferait sens tout en précisant qu’aucune discussion n’avait été engagée entre les deux parties et que les obstacles réglementaires à un tel projet seraient importants.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- Avec le Livret A, Trade Republic et Axa Banque se partagent les données et les responsabilités
- Apple dévoile l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable
Contenu de nos partenaires
-
IdentitésHakim El Karoui : débat identitaire et constitutionnel, la démocratie française vacille
Si on explique qu'il existe plusieurs catégories de Français et que la volonté majoritaire doit pouvoir s'affranchir des limites juridiques, quels droits la majorité pourrait-elle demain retirer à ceux qu'elle considère comme différents ? -
Présidentielle 2027 : ce que le dernier baromètre du Cevipof révèle sur la course à l'Élysée
Créditée de 33 à 35 % au premier tour malgré un léger tassement, Marine Le Pen reste hors d'atteinte, selon le sondage Ipsos BVA-CESI pour Le Monde. Derrière elle, tout se joue : Mélenchon en embuscade, un centre suspendu à Gabriel Attal, une gauche dans l'attente de sa primaire.