Les Etats-Unis entrouvrent à nouveau la porte des négociations de Bâle 3
Les Etats-Unis sont sortis de leur mutisme dans le dossier Bâle 3. Alors que le changement d’administration depuis l’élection de Donald Trump avait totalement paralysé un processus avançant déjà au ralenti, les contacts ont repris dernièrement entre la Réserve fédérale, chargée de diriger le dossier dans le camp américain, et ses homologues européens.
«La situation s’est améliorée, passant d’une absence totale de dialogue à des discussions», a reconnu hier lors d’une conférence de presse à Francfort Felix Hufeld, le président de la Bafin. Mais le régulateur a rappelé que «cela ne veut pas dire qu’il y a une solution». Raimund Roeseler, l’un des dirigeants de l’autorité allemande des marchés financiers, a ajouté que les différents camps sont «encore trop éloignés» pour espérer annoncer un accord lors de la prochaine réunion du Comité de Bâle mi-juin.
Une opposition politique forte
Selon Bloomberg, les Etats-Unis auraient toutefois assoupli leurs positions concernant le sujet bloquant de l’output floor, le plancher d’exigence de fonds propres que devraient respecter les banques recourant à des modèles internes de valorisation de leurs actifs. Le camp américain serait prêt à reprendre le travail sur la base d’un taux fixé à 75% des actifs pondérés par le risque, niveau qui avait été proposé par le Comité de Bâle fin 2016. Mais la proposition de compromis avait volé en éclats du fait du manque de volonté américain mais également d’une opposition politique forte de la part du Japon ou de plusieurs pays européens.
Ces derniers, dont la France, craignent que la mise en place d’un output floor trop sévère conduise à fragiliser les banques européennes vis-à-vis de leurs concurrentes américaines aidées par le mode de financement désintermédié de l'économie des Etats-Unis ce qui leur permet d’afficher des ratios supérieurs au standard envisagé.
Pour tenter de faire accepter la réforme, le Comité de Bâle a proposé une entrée en vigueur progressive du plancher: de 55% au 1er janvier 2021, il s’accroîtrait ensuite de 5 points par an jusqu’à atteindre 75% en 2025. Mais cela n’a pas suffi: les discussions au sein du Comité de Bâle ont été reportées sine die en janvier 2017.
Plus d'articles du même thème
-
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose. -
Nickel lance un compte pour les pros
La banque a vu son développement s’accélérer légèrement sur le marché français, avec l’ouverture de 210.000 comptes au premier trimestre 2026, contre un rythme mensuel à 60.000 précédemment. -
Pour prendre la main sur Delfin, un héritier Del Vecchio envisage de se passer des banques
Leonardo Maria Del Vecchio souhaite racheter les parts de deux de ses frères et sœurs pour monter à 37,5% de la holding familiale italienne actionnaire d’EssilorLuxottica et de Generali. Il se serait rapproché d’Apollo alors que BNP Paribas prendrait ses distances sur le projet.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs