Les dirigeants bancaires britanniques s’élèvent contre le scénario de la scission
C’est un front uni que Stephen Hester et Eric Daniels ont présenté mardi devant une commission du Trésor chargée de se pencher sur la concurrence dans le secteur bancaire outre-Manche. Les directeurs généraux de Royal Bank of Scotland (RBS) et Lloyds n’ont pas caché leurs réticences à l’idée d’une scission de leurs établissements. Une option que la Commission indépendante sur le secteur bancaire pourrait recommander au gouvernement d’ici le mois de septembre.
«C’est un marché très fortement concurrentiel et je ne suis pas sûr que scinder encore davantage les banques apporterait de meilleurs résultats», a justifié Eric Daniels. La question de la taille est une «diversion», a estimé pour sa part Stephen Hester. «Dans certains domaines d’activité, la taille peut apporter des économies d’échelle qui vous permettent d’être plus performant dans ce que vous proposez aux actionnaires et aux clients», a-t-il ajouté.
Pour Stephen Hester, il n’y a pas de problème de concentration. Il estime que 40% des clients de RBS ne détiennent qu’un seul produit auprès de la banque, tandis qu’un tiers d’entre eux en a deux. A cela s’ajoute une forte mobilité; les deux banques évaluent à 10% la proportion de leur clientèle qui change de banque chaque année. Les deux établissements ont chacun ouvert près d’un million de nouveaux comptes en 2009.
Il faut dire que de véritables bastions sont en jeu. Lloyds, qui avalé HBOS en 2008 avec l’appui du gouvernement, contrôle ainsi près d’un tiers du marché des comptes courants et des prêts immobiliers, tandis que sa rivale RBS affiche une part de marché de près de 10% sur les dépôts. Les deux établissements, qui ont reçu un soutien massif du contribuable en 2008, ont été sommés par la Commission européenne d’alléger leur portefeuille d’agences. Lloyds doit en vendre 600 pour être en conformité avec les règles de Bruxelles. RBS, de son côté, a déjà signé un accord avec Santander portant sur 318 agences et a engagé un vaste programme de réductions d’effectifs.
Interrogé sur la manière dont il accueillerait un désengagement de l’Etat, qui contrôle 83% du capital, le patron de RBS a estimé qu’une telle opération «serait un symbole de la reprise» à la fois pour le Royaume-Uni et pour RBS.
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