Les critiques enflent contre la réforme des banques d’importance systémique
Cinq après la chute de Lehman Brothers, le choeur des critiques se fait sonore à l’encontre du chantier de la réforme des banques d’importance systémique, également surnommées «too-big-to fail». Dans une rare intervention publique depuis son éviction de Barclays il y a un an, Bob Diamond a regretté ce week-end dans les colonnes du Financial Times des progrès insuffisants dans ce domaine.
Reconnaissant dans un élan d’autocritique que le levier bancaire était bien trop élevé dans les années d’euphorie, Bob Diamond appelle désormais à la mise en place d’un régime mondial de résolution qui soit «rigoureusement testé». Il estime par ailleurs crucial que les banques d’importance systémique soient soumises à des exigences similaires de solvabilité, de liquidité et de levier. Enfin, il plaide en faveur de règles cohérentes et coordonnées. «Les régulateurs aux Etats-Unis et en Europe courent le risque d’appliquer des règles de levier et solvabilité différentes, et de poursuivre différents projets de stuctures de marché», écrit Bob Diamond, citant notamment l’exemple de la «règle Volcker» qui n’a pas été élaborée en concertation avec d’autres juridictions.
En déplacement à Vilnius où il assistait à une réunion informelle de l’Ecofin, le commissaire européen en charge de la régulation financière, Michel Barnier, a d’ailleurs indiqué à Bloomberg qu’il dévoilerait en novembre son plan pour la régulation de la structure des banques européennes. «J’ai toujours dit que le rapport Liikanen est la base de notre travail, qu’il éclaire le chemin que la Commission devrait suivre, mais qu’il n’est pas la proposition de la Commission», a rappelé Michel Barnier.
Dans un entretien accordé samedi au journal helvétique Finanz und Wirtschaft, le président de la Banque nationale suisse a partagé la position de Bob Diamond. «Le problème du too-big-to fail n’est pas encore pleinement résolu», considère Thomas Jordan. «Si le ralentissement des activités n’est pas possible, alors les coussins devront être relevés de manière adéquate», ajoute-t-il. Les régulateurs suisses ont mis au point de nouvelles exigences en capital qui vont au-delà de celles de Bâle 3. «Ce qui importe maintenant est que les banques mettent en oeuvre les exigences respectives systématiquement et rapidement», conclut le successeur de Philipp Hildebrand à la tête de l’institut d'émission helvétique.
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