Les caisses régionales du Crédit Agricole augmentent leur participation dans CASA

Dans un entretien exclusif à L’Agefi, Dominique Lefebvre, président du conseil d’administration de Crédit Agricole SA, et Raphaël Appert, vice-président, détaillent le sens et la portée de cette opération.
Aurélie Abadie et Lionel Garnier
Dominique Lefebvre, président de Crédit Agricole SA, et Raphaël Appert, vice-président
Raphaël Appert et Dominique Lefebvre, respectivement vice-président et président de Crédit Agricole SA.  -  Seignette Lafontan

L’Agefi : La SAS Rue La Boétie, contrôlée par les caisses régionales, a décidé d’augmenter d’un milliard d’euros sa participation au capital de Crédit Agricole SA. Quel est le sens de cette opération ?

Dominique Lefebvre : L’assemblée générale puis le conseil d’administration de la SAS Rue La Boétie réunis ce mercredi 9 novembre ont autorisé l’acquisition d’actions Crédit Agricole SA jusqu’à un milliard d’euros. Il s’agit d’une opération patrimoniale, qui sera bouclée au premier semestre 2023.

Raphaël Appert : La situation de marché nous le permet et les fonds propres des caisses régionales sont élevés. Les caisses régionales sont partie prenante de la stratégie du Crédit Agricole et cette participation au capital de l’organe de tête a toujours été au cœur de la construction du groupe.

Cette hausse de la participation aura-t-elle des conséquences en termes de gouvernance ?

DL : Non, cette opération n’a aucun objectif à visée politique et ne modifie en rien le fonctionnement actuel. Nous n’avons pas l’intention d’aller au-delà d’un taux de détention de 65% au capital de Crédit Agricole SA. La SAS Rue La Boétie se pose régulièrement la question d’un achat de titres. Au fil du temps, sa participation au capital de CASA a fluctué, de 70 à 50%. Elle est aujourd’hui de 57,1% et nous souhaitons la relever. L’impact sur la solvabilité globale du groupe Crédit Agricole sera inférieur à 20 points de base.

L’opération aura-t-elle un impact sur la politique de distribution de Crédit Agricole SA ?

RA : Aucunement. La politique de distribution est inchangée, et Crédit Agricole SA a majoré ponctuellement ses dividendes pour compenser l’absence de distribution au titre de 2020 du fait des recommandations de la BCE. Nous avons, par ailleurs, compensé l’effet dilutif des plans annuels d’actionnariat salarié par des programmes de rachats d’actions.

La Société Générale et BPCE viennent de choisir leur nouveau capitaine. Le groupe prépare-t-il la succession de Philippe Brassac à la direction générale de CASA ?

DL : Le sujet n’est pas d’actualité. Il est trop tôt pour engager ce type de processus. Nous ferons, le moment venu, émerger des candidatures et le conseil d’administration de CASA décidera après avis du comité des nominations. Evaluer les candidats à l’épreuve de leur expérience et de leurs résultats est une méthode qui a fait ses preuves.

Le Crédit Agricole a présenté son plan à moyen terme, qui prévoit la création de deux nouveaux métiers autour de la transition énergétique et de la santé. En quoi se décline-t-il déjà dans les caisses régionales ?

RA : Les caisses régionales sont déjà des acteurs de la transition énergétique. Elles financent, les énergies renouvelables, investissent en fonds propres dans des entreprises du secteur de l’énergie, conseillent leurs clients. Nous accompagnons la création du métier « transition et énergie » en lançant dans les prochaines semaines une offre « J’écorénove » pour les particuliers, qui comprendra non seulement le financement de leurs projets de rénovation énergétique, mais aussi leur simulation de travaux et subventions, et la mise en relation avec des artisans. Nous avons débloqué un fonds de 300 millions d’euros pour soutenir les structures agro et agri. Par ailleurs, notre compte sur livret distribué auprès de 11,5 millions de sociétaires des caisses régionales devient le livret Engagé Sociétaire et sera désormais entièrement dédié au financement des grandes transitions de l’économie, de l’agriculture et des territoires.

La remontée des taux et la réglementation sur le taux d’usure, inadapté au rythme de cette hausse, font craindre un ralentissement de la production de crédit. Que constatent les caisses sur le terrain ?

DL : A fin septembre, les encours de crédit totaux dans les caisses régionales ont progressé de 6% sur un an glissant. Sur le 3ème trimestre, nous avons constaté une baisse de 3,5% de la production de crédit par rapport au 3è trimestre 2021, qui avait été particulièrement dynamique. Nous ne voyons pas de coup d’arrêt brutal de la production aujourd’hui, y compris sur les crédits à l’habitat. L’accompagnement des projets logement de nos clients reste au cœur de notre stratégie.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles Banque & Assurance

Contenu de nos partenaires

Les plus lus de
A lire sur ...