Les caisses espagnoles inaugurent leurs fusions et pourront coter en Bourse en 2011
C’est le big-bang du secteur financier espagnol, affirme l'économiste en chef d’Intermoney, José Carlos Díez. Encore au nombre de 45 début 2010, les caisses espagnoles, qui occupent la moitié du marché financier, ont été poussées en quelques mois à se réorganiser en 17 unions. Pour rassurer des marchés très méfiants, la Banque d’Espagne (BDE) a en outre exigé que tout le secteur publie régulièrement, à partir de début 2011, le détail de ses portefeuilles immobiliers et les garanties couvrant ces actifs.
Les doutes autour de l’Espagne et de ses banques rendaient pratiquement impossible le financement sur les marchés internationaux des caisses les moins grandes. Or d’importantes échéances de dettes se profilent dans les prochaines semaines, à hauteur de 46 milliards d’euros en 2011 pour les caisses, selon Analistas Financieros Internacionales.
Depuis plus d’un an, le gouvernement et la BDE impulsaient donc une réforme soutenue par un Fonds de réorganisation du secteur bancaire (Frob) qui a déjà été sollicité à hauteur de 10,6 milliards pour recapitaliser les nouvelles unions, contre un rendement exponentiel débutant à 7,75% la première année. Moody’s estimait récemment que les besoins de recapitalisation resteraient «relativement modérés», à environ 25 milliards d’euros mais qu’ils pourraient s'élever à 80 milliards «dans un scénario plus tendu».
Peu d’unions se sont concrétisées à travers des fusions traditionnelles, la plupart des caisses ayant opté pour des SIP (système institutionnel de protection), un instrument mis en place en 2010 par le régulateur pour contourner les blocages des gouvernements régionaux et des conseils d’administration. Il permet aux caisses de garder leurs enseignes respectives, leurs gouvernances ainsi que la gestion de leurs œuvres sociales tout en mettant en commun au moins 40% de leurs ressources dans une banque créée à cet effet et qui pourra être cotée en Bourse ou émettre des participations.
Les caisses sont ainsi passées en quelques mois d’une moyenne de volume d’actifs de 25 milliards à 75 milliards d’euros. Caja Madrid centralise la plus grande union, qui rassemble près de 340 milliards d’euros d’actifs et se situe au troisième rang des plus grandes banques espagnoles. Elle a sollicité 4,5 milliards d’aides au Frob. La Caixa reste pour l’instant la plus rentable.
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